Une étape judiciaire décisive pour l’A69. Le rapporteur public du Conseil d’État a pris position en faveur de la poursuite du chantier de l’autoroute reliant Toulouse à Castres. Il a recommandé aux magistrats de rejeter le pourvoi en cassation déposé par plusieurs associations opposées au projet, ce qui confirmerait la légalité des autorisations environnementales délivrées.

L’audience se déroulera le lundi 15 juin. Bien que l’avis du rapporteur soit généralement suivi par la formation de jugement, les observateurs soulignent la singularité de ce dossier, qui a déjà connu des rebondissements. En février 2025, le tribunal administratif avait annulé l’autorisation environnementale et suspendu les travaux, une décision qualifiée d’historique par les militants. Mais en décembre 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse avait infirmé ce jugement, estimant que la construction de l’autoroute répondait à une raison impérative d’intérêt public majeur.

Des espoirs douchés chez les opposants. Le collectif La Voie est libre a réagi avec prudence, rappelant qu’il ne s’agit que de l’avis d’un magistrat chargé d’éclairer la décision finale. « Il nous paraît important de rappeler qu’il ne s’agit que de l’avis extérieur d’un magistrat censé éclairer la formation de jugement qui aura à statuer prochainement », a déclaré le collectif. Malgré cette réserve, la tonalité des conclusions du rapporteur public réduit les chances des opposants de voir le chantier interrompu.

Un feuilleton judiciaire de longue haleine. Le projet d’autoroute A69, long de 53 kilomètres, est contesté depuis des années par des associations environnementales et des riverains. Après l’annulation en première instance, les juges d’appel avaient rétabli la validité du chantier dans une motivation jugée plus succincte par les détracteurs. Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, doit désormais trancher en dernier ressort. La décision est attendue dans les semaines suivant l’audience du 15 juin.

Si les juges suivent l’avis du rapporteur, la légalité du chantier sera définitivement confirmée, mettant un terme aux recours sur le fond. Le concessionnaire, Atosca, pourrait alors accélérer les travaux. Les opposants, de leur côté, n’excluent pas de nouvelles actions, mais sur d’autres terrains juridiques ou politiques.