Alors que la demande d'accès à l'espace ne cesse de croître, l'offre de lancements de satellites semble, elle, marquer le pas. C'est le constat dressé par Valentin Benoit, président et cofondateur de RIDE!, invité mercredi 3 juin sur le plateau de l'émission Tech & Co, diffusée sur BFM Business.
Un goulot d'étranglement spatial
Valentin Benoit a alerté sur ce qu'il qualifie de « pénurie de lancements », un phénomène qui restreint l'accès à l'espace pour de nombreux acteurs économiques. Cette situation, selon lui, constitue un frein au développement de l'industrie spatiale, en particulier pour les petits opérateurs et les start-ups du secteur.
« L'accès à l'espace se restreint », a-t-il expliqué, soulignant que la rareté des créneaux de lancement et l'augmentation des coûts compliquent la mise en orbite des satellites. Ce diagnostic intervient dans un contexte où le nombre de satellites en attente de mise en orbite ne cesse d'augmenter, notamment avec l'essor des constellations destinées à fournir des services de connectivité.
Un décalage entre l'offre et la demande
Le dirigeant de RIDE! a mis en avant le déséquilibre entre une demande qui explose et une offre de lancements qui peine à suivre. Ce déséquilibre concerne aussi bien les lanceurs lourds que les petits lanceurs, ces derniers étant pourtant présentés comme une solution pour répondre aux besoins des petits satellites.
Pour Valentin Benoit, cette situation pourrait compromettre le rythme de déploiement des futures constellations de satellites. Il a évoqué des délais qui s'allongent et des coûts qui grimpent, rendant chaque tentative d'accès à l'orbite plus difficile et plus onéreuse.
Les implications pour l'industrie
Cette pénurie de lancements a des conséquences directes sur les acteurs de la filière spatiale. Les entreprises qui conçoivent des satellites se retrouvent confrontées à des incertitudes sur les dates de mise en orbite, ce qui complique leur planification et leur financement. Le secteur de l'observation de la Terre, des télécommunications ou encore de la défense sont potentiellement concernés.
Sans une augmentation significative des capacités de lancement, avertit Valentin Benoit, le risque est de voir se créer un goulot d'étranglement qui freinerait l'innovation et bloquerait des projets déjà financés. L'invité de Tech & Co n'a pas proposé de solution miracle mais a insisté sur la nécessité de multiplier les options de mise en orbite pour répondre à la demande.
Contexte plus large
Cet avertissement intervient dans une période où le spatial commercial connaît une profonde mutation. L'arrivée de nouveaux lanceurs, les difficultés techniques de certains opérateurs historiques et la multiplication des projets de constellations font partie des facteurs qui influent sur l'équilibre du marché. Valentin Benoit intervient en tant que représentant de RIDE!, une société positionnée sur le créneau des services de lancement dédiés aux petits satellites, un segment directement exposé à ces tensions.
Alors que les acteurs du secteur cherchent des réponses, la question de la régulation des créneaux de lancement et des investissements dans les infrastructures de lancement est posée. L'analyse de Valentin Benoit, diffusée sur BFM Business, relance le débat sur la stratégie spatiale à adopter face à une demande qui, elle, ne faiblit pas.