Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a estimé que l’accord conclu entre les États-Unis et la République islamique d’Iran constituait « une grande victoire » pour Téhéran, qu’il a remerciée d’avoir veillé à ce que le front libanais soit pris en compte dans les négociations. Dans une allocution télévisée, il a appelé les autorités libanaises à « tirer profit » de cette entente pour « expulser Israël » du territoire libanais. Il a également sommé le gouvernement de Beyrouth de cesser les discussions directes avec Israël, entamées en avril sous la médiation de Washington.

Cette déclaration intervient alors que le Hezbollah avait ouvert les hostilités le 2 mars en tirant des roquettes sur Israël en signe de solidarité avec l’Iran, entraînant le Liban dans le conflit régional. L’appel de Naïm Kassem vise à utiliser la dynamique diplomatique pour réviser la relation bilatérale avec l’État hébreu.

Mise en œuvre détaillée par Islamabad

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a apporté des précisions sur les premières étapes concrètes de l’accord, qu’il a présenté sous le nom de « Mémorandum d’accord d’Islamabad ». Selon lui, le protocole, signé électroniquement par les présidents des deux nations, entrera « en vigueur avec effet immédiat ». Dans un premier temps, l’Iran « rouvrira sans délai le détroit d’Ormuz » et les États-Unis « lèveront immédiatement le blocus naval ». Shehbaz Sharif a également confirmé qu’une cérémonie officielle se tiendra vendredi en Suisse afin de « commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques ».

Soutien de Paris

Le président français, Emmanuel Macron, a salué l’accord peu après sa signature. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a déclaré que cet accord « ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz », qualifiant ce document de « pas important dans la bonne direction ». Il a précisé que le président américain Donald Trump avait signé le texte à Versailles, soulignant la portée diplomatique de l’événement.

La réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, constitue un enjeu économique majeur. Le blocus naval américain, imposé durant le conflit, avait perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétique. La levée immédiate de ces restrictions devrait rassurer les marchés internationaux.

Réactions et enjeux régionaux

Si l’accord est largement salué par les chancelleries occidentales, les déclarations du Hezbollah illustrent les tensions qui subsistent au Proche-Orient. La volonté du mouvement libanais de tirer parti de la situation pour renforcer son opposition à Israël pourrait compliquer la mise en œuvre de la paix sur l’ensemble du théâtre régional. Les discussions techniques prévues en Suisse devraient aborder les modalités de désengagement militaire et les garanties sécuritaires demandées par chaque partie. Le rôle du Pakistan comme médiateur et dépositaire du mémorandum renforce sa position diplomatique dans le dossier.

Prochaines étapes

La cérémonie de vendredi en Suisse officialisera l’accord et ouvrira la voie à des négociations de fond. La communauté internationale suit avec attention les premières mesures de désescalade, en particulier la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval. Le sort des négociations libano-israéliennes, désormais remises en question par le Hezbollah, constitue un point de vigilance supplémentaire.