Le Hezbollah a réagi à l'accord signé entre les États-Unis et l'Iran en appelant les forces politiques libanaises à « tirer profit » de cette entente pour affaiblir la position d'Israël au Liban. Dans une déclaration rendue publique, le mouvement chiite considère que la nouvelle donne diplomatique entre Washington et Téhéran constitue une occasion de réduire l'influence de l'État hébreu dans le pays du Cèdre.
La formation pro-iranienne estime que cet arrangement, officialisé entre le président américain Donald Trump et les autorités iraniennes, modifie les équilibres régionaux. Selon le Hezbollah, le rapprochement américano-iranien prive Israël d'un levier essentiel dans ses tentatives de pression sur le Liban. Le parti appelle donc les différentes composantes de la société libanaise à se coordonner pour « isoler » l'ennemi déclaré de Téhéran.
Cette prise de position intervient alors que l'accord, signé à Versailles, a été salué par plusieurs capitales occidentales, dont Paris. Le président français Emmanuel Macron a qualifié le texte de « très bon accord » et a souligné l'unanimité du G7 à son sujet. La cérémonie de signature, à laquelle a participé le chef de l'État français, a été décrite comme un moment décisif pour la paix au Moyen-Orient.
Le Hezbollah, soutien majeur du régime iranien dans la région, voit dans cette accalmie diplomatique une chance de consolider son propre ancrage politique au Liban. Le mouvement, qui dispose d'une aile armée et de représentants au Parlement, cherche depuis plusieurs années à marginaliser toute ingérence israélienne dans les affaires intérieures libanaises.
Réactions contrastées sur la scène locale
Au Liban, les réactions demeurent partagées. Certains responsables politiques, sans se prononcer directement sur l'appel du Hezbollah, reconnaissent que la fin des hostilités entre l'Iran et les États-Unis modifie le contexte régional. D'autres, en revanche, redoutent que cette dynamique ne renforce l'influence de Téhéran sur Beyrouth, au détriment de la souveraineté nationale.
L'accord prévoit un arrêt des frappes et un retrait des forces impliquées dans le conflit qui opposait les deux pays depuis plusieurs mois. Il inclut également des dispositions sur le programme nucléaire iranien et la levée progressive de sanctions économiques. La signature, obtenue après des négociations intenses menées notamment par la diplomatie française, a été officialisée lors d'une cérémonie au château de Versailles.
Un nouvel équilibre régional en perspective
L'appel du Hezbollah s'inscrit dans une lecture stratégique plus large : l'organisation considère que la détente entre les deux puissances affaiblit la capacité d'Israël à instrumentaliser la question iranienne pour justifier ses propres actions au Liban. Pour le parti chiite, il s'agit désormais de transformer cette conjoncture diplomatique en un avantage politique durable.
Washington n'a pas réagi officiellement aux déclarations du Hezbollah. L'administration Trump a plutôt concentré ses communications sur la mise en œuvre de l'accord et les garanties sécuritaires pour ses alliés dans la région. Plusieurs observateurs estiment toutefois que la position du mouvement libanais complique les efforts de stabilisation promus par l'accord.
La suite des événements dépendra de la capacité des acteurs libanais à trouver un consensus sur la question israélienne, dans un pays marqué par des divisions politiques profondes et une crise économique persistante.