Le conflit entre Apple et OpenAI connaît une escalade judiciaire. Le constructeur de l'iPhone a engagé des poursuites contre la start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle, qu'il accuse d'avoir orchestré un vaste pillage de ses secrets de fabrication. Selon des éléments rendus publics ces derniers jours, la procédure repose sur l'envoi de courriers d'avocat au domicile d'anciens employés d'Apple, désormais en poste chez OpenAI.

Des lettres adressées à une quarantaine d'anciens collaborateurs

Les services juridiques d'Apple ont ciblé une quarantaine d'anciens salariés, soupçonnés d'avoir emporté avec eux des informations confidentielles après leur départ. Les missives leur enjoignent de restituer tout document ou prototype propriétaire, sous peine de poursuites individuelles. Cette démarche s'inscrit dans une plainte plus large déposée par la société californienne, qui dénonce un « espionnage industriel » systématique.

Des allégations de débauchage massif

Au cœur du litige, Apple affirme que OpenAI a débauché plusieurs centaines de ses ingénieurs – les estimations évoquent environ quatre cents salariés – en ciblant en priorité des experts travaillant sur des technologies sensibles. Parmi eux figure l'ancien chef du design de l'iPhone, une recrue de poids pour le créateur de ChatGPT. La plainte d'Apple décrit un « contournement délibéré des protocoles de sécurité » et la soustraction de prototypes encore non commercialisés. Ces accusations, si elles étaient confirmées, constitueraient une violation des clauses de confidentialité et de non-concurrence liant les employés à leur ancien employeur.

Un contexte de concurrence directe

Cette offensive juridique intervient alors qu'OpenAI accélère sa diversification dans le matériel grand public. Selon des informations de presse, l'entreprise dirigée par Sam Altman préparerait le lancement de son premier appareil connecté, une enceinte mobile sans écran conçue comme une « incarnation physique » de son assistant vocal. Une commercialisation est envisagée dès 2027. Ce projet, qui ferait directement concurrence à l'écosystème d'Apple, expliquerait la nervosité de la marque à la pomme, laquelle voit dans ce produit une tentative d'exploiter ses innovations sans autorisation.

Une guerre des talents et des technologies

Au-delà des aspects juridiques, ce litige illustre la bataille acharnée que se livrent les géants de la tech pour attirer les meilleurs profils. Apple, connue pour sa culture du secret, dispose d'un arsenal de mesures destinées à protéger ses avancées : badges d'accès, alliages propriétaires, transports dédiés… Mais l'affaire montre que ces garde-fous n'ont pas empêché ce que la firme qualifie de « fuite organisée » vers son concurrent.

OpenAI n'a pour l'heure pas commenté publiquement les accusations portées par Apple. De son côté, la firme de Cupertino poursuit sa stratégie de pressions légales, n'excluant pas d'élargir le cercle des personnes mises en cause si les investigations en cours révélaient d'autres faits. Les prochaines semaines devraient être déterminantes pour l'évolution de ce dossier, qui pourrait redessiner les rapports de force dans l'industrie de l'intelligence artificielle et des objets connectés.