Le mystère qui entourait la mort d’une femme retrouvée sans identité en 2005 dans un bidon en Moselle a connu un dénouement inattendu. Son mari, aujourd’hui âgé de 78 ans, a avoué le féminicide et révélé avoir également assassiné son propre fils, a indiqué ce mardi le procureur de Metz, David Touvet.

L’affaire, surnommée « la femme dans le tonneau », avait été relancée en début d’année grâce à une campagne internationale d’identification par l’ADN menée par Interpol. Les analyses génétiques ont permis de donner un nom à la victime : Hakima Boukerouis. C’est à partir de cette identification que les enquêteurs ont pu remonter jusqu’à son conjoint, interpellé dans la foulée.

Le septuagénaire a été placé en garde à vue après l’exploitation des empreintes génétiques de la défunte. Durant ses auditions, il a reconnu avoir donné la mort à son épouse, dont le corps avait été découvert le 23 juin 2005 à l’intérieur d’un tonneau en plastique. Il a également affirmé avoir tué leur fils, dont le décès n’avait jusqu’alors pas été officiellement relié à cette affaire. Le procureur n’a pas précisé à quelle date ce second homicide aurait été commis, ni les circonstances exactes.

Un cold case résolu par la génétique

Pendant plus de deux décennies, l’identité de la femme retrouvée en Moselle était restée inconnue. Le corps, en état de décomposition avancée, n’avait pu être identifié par les méthodes classiques. Ce n’est qu’après le lancement d’une vaste campagne de recherche par Interpol, sollicitant l’aide du public via des portraits-robots et des analyses ADN poussées, que le lien avec Hakima Boukerouis a été établi.

Les enquêteurs ont ensuite remonté la piste jusqu’au mari, qui vivait toujours dans la région. Les investigations ont montré que le couple avait eu un fils, dont le décès n’avait pas fait l’objet d’une enquête approfondie à l’époque. Les aveux du suspect confirment désormais qu’il s’agit également d’un homicide.

Une procédure judiciaire en cours

Le parquet de Metz a ouvert une information judiciaire pour « homicide volontaire par conjoint » et « assassinat ». Le suspect, mis en examen, a été placé en détention provisoire. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances précises des deux meurtres, ainsi que la date exacte du décès du fils.

Cette affaire illustre l’apport des progrès scientifiques dans la résolution des affaires non élucidées, dites « cold cases ». La technique de l’ADN, couplée aux appels à témoins internationaux, a permis de mettre un nom sur une victime anonyme pendant vingt et un ans et d’aboutir à des aveux.

Le procès à venir devra éclairer la préméditation éventuelle des actes et le contexte familial qui a précédé ces tragédies. Le prévenu encourt la réclusion criminelle à perpétuité.