La cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, a déclaré qu'un premier centre de retour pour migrants en situation irrégulière pourrait voir le jour en dehors de l'Union européenne « d'ici à un an ». Cette annonce intervient quelques semaines après l'adoption par le Parlement européen d'un règlement révisé sur les retours, qui autorise les États membres à conclure des accords avec des pays tiers pour y transférer les étrangers concernés par une obligation de quitter le territoire.

« En 2026-2027, nous verrons le premier centre de retour en dehors de l'Europe. Je pense que nous pourrons le faire d'ici à un an », a affirmé la Première ministre dans un entretien. Elle a également évoqué l'émergence prochaine d'« une coalition de volontaires », soutenue par la Commission européenne, pour concrétiser ce projet. Les modalités précises de mise en œuvre restent toutefois à définir.

Un cadre juridique renouvelé

Le nouveau règlement européen, qui réforme la directive de 2008, fixe des règles communes pour l'éloignement des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. Il prévoit la possibilité pour les Vingt-Sept d'installer des centres de retour hors des frontières de l'Union, à condition que les pays hôtes respectent les droits humains, le droit international et le principe de non-refoulement. Les mineurs non accompagnés sont exclus de ce dispositif.

Selon le texte adopté, ces accords bilatéraux devront être encadrés par des garanties strictes. Le Parlement européen a souligné dans un communiqué que ces centres ne pourront être établis qu'avec des États tiers jugés fiables en matière de protection des droits fondamentaux.

Précédents et expérimentations

Le Danemark fait partie des pays européens ayant le plus activement poussé en faveur de l'externalisation des procédures de retour. Dès 2021, Copenhague avait engagé des discussions avec le Rwanda pour créer un centre sur son sol, mais le projet avait été abandonné face à l'opposition de la classe politique et des organisations de défense des droits de l'homme. Depuis, les autorités danoises ont plaidé pour des structures financées directement par l'Union européenne.

L'Italie a également ouvert la voie en signant en 2023 un accord avec l'Albanie pour l'installation de deux centres d'accueil et de rétention, sans lien avec le pays d'origine des migrants. Cette expérience, bien que distincte dans son objet, a servi de modèle pour les discussions actuelles.

Perspectives et réactions

Plusieurs États membres se sont déjà déclarés favorables à la création de ces hubs de retour, tandis que des associations et des partis d'opposition dénoncent un risque de contournement des droits des migrants. La mise en place d'une première structure dans un délai d'un an constituerait un signal fort de la volonté de l'UE de durcir sa politique migratoire.

La Commission européenne n'a pas encore officiellement commenté le calendrier avancé par Mette Frederiksen, mais elle devrait présenter dans les prochains mois des propositions concrètes pour soutenir les États volontaires. Les prochaines étapes impliqueront des négociations diplomatiques avec les pays tiers candidats à l'accueil de ces centres, ainsi que la définition de leur statut juridique et de leurs conditions de fonctionnement.