Un nouveau rassemblement s'est tenu le 20 juin 2026 place Vendôme à Paris, devant le ministère de l'Intérieur et de la Justice, pour réclamer le départ du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Les participants, issus de collectifs féministes et de soutien aux victimes, ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme une impunité persistante des auteurs de violences sexistes et sexuelles, en lien avec l'affaire Lyhanna.
L'affaire Lyhanna a mis en lumière les défaillances du système judiciaire et policier dans la protection des mineures victimes d'inceste et de violences. Les manifestants accusent le gouvernement, et en particulier Gérald Darmanin, de ne pas prendre les mesures nécessaires pour réformer en profondeur les institutions. Ce rassemblement place Vendôme s'ajoute à une série d'actions menées depuis plusieurs semaines à travers la France.
Depuis le début du mois de juin, environ 150 associations ont appelé à des rassemblements chaque lundi devant les tribunaux pour exiger des changements concrets. Le mouvement a pris de l'ampleur après les révélations sur l'affaire Lyhanna, qui a suscité une vive émotion dans l'opinion publique. Les revendications portent notamment sur le départ de Gérald Darmanin, accusé de ne pas avoir agi avec suffisamment de fermeté contre les violences sexuelles au sein de l'appareil d'État.
Un contexte de mobilisation durable
Les organisateurs de la mobilisation insistent sur la nécessité de « renverser les structures de pouvoir » qui, selon eux, permettent la perpétuation des violences sexistes et sexuelles. Maryse Dumas, chroniqueuse et militante, a souligné dans une tribune que les victimes sont trop souvent confrontées à un mur de silence et d'inaction institutionnelle. Le rassemblement place Vendôme a rassemblé plusieurs centaines de personnes, venues de différents horizons politiques et associatifs.
Les participants ont scandé des slogans demandant la démission de Gérald Darmanin, ainsi que des réformes profondes du système judiciaire. Plusieurs prises de parole ont eu lieu, dénonçant le manque de moyens alloués à la protection de l'enfance et la lenteur des procédures judiciaires dans les affaires de violences sexuelles. Les manifestants ont également appelé à une meilleure formation des magistrats et des forces de l'ordre sur ces questions.
Des réactions officielles attendues
Pour l'heure, le ministre de la Justice n'a pas réagi à ce nouveau rassemblement. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole, a réaffirmé son engagement dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, mais sans évoquer de changement de politique ni de départ du ministre. Les associations estiment que cette réponse est insuffisante et promettent de poursuivre la mobilisation dans les semaines à venir.
L'affaire Lyhanna continue de provoquer des répercussions politiques. Le cas de cette adolescente, victime d'inceste et de violences, a mis en évidence les dysfonctionnements des services sociaux et judiciaires. Une enquête parlementaire est en cours pour faire la lumière sur ces défaillances. Les associations espèrent que ces travaux aboutiront à des réformes concrètes, mais elles jugent impératif que des responsables politiques en assument les conséquences.
Un mouvement qui s'étend
Le rassemblement place Vendôme s'inscrit dans une série d'actions nationales. Des manifestations similaires ont eu lieu dans plusieurs grandes villes françaises, comme Lyon, Marseille ou Lille. Les associations appellent désormais à une journée de mobilisation nationale à la fin du mois de juin. L'objectif est de maintenir la pression sur le gouvernement jusqu'à l'obtention de mesures concrètes.
Ce mouvement intervient dans un climat social tendu, marqué par une défiance croissante envers les institutions. Les enquêtes d'opinion montrent que la majorité des Français estiment que les violences sexistes et sexuelles ne sont pas suffisamment sanctionnées. L'affaire Lyhanna a cristallisé ce sentiment d'injustice et a donné une impulsion nouvelle aux revendications féministes.
Les observateurs notent que la demande de démission d'un ministre de la Justice est rare dans l'histoire récente. Elle témoigne de l'ampleur de la colère ressentie par une partie de la population. Reste à savoir si le gouvernement accédera à cette exigence ou s'il choisira de maintenir le cap face à une mobilisation qui semble devoir durer.