La police sud-africaine a ouvert une enquête pour meurtre après la mort d’un ressortissant malawien dans la ville de Pietermaritzburg, dans la province orientale du KwaZulu‑Natal. L’homme, âgé de 29 ans, a été attaqué vendredi dernier à la suite d’une manifestation, a indiqué une conseillère locale, Suraya Reddy, mardi. Selon un communiqué des forces de l’ordre, la victime a été frappée par une foule, puis a tenté de s’enfuir vers un campement informel avant de tomber dans une rivière. Son corps a été retrouvé plus tard au bord du cours d’eau, présentant une blessure à la tête et des lésions à la bouche. La police n’a pas encore officiellement confirmé sa nationalité, attendant que les autorités du pays d’origine soient informées. Le gouvernement malawien a déclaré examiner les informations faisant état de la mort de l’un de ses citoyens.

Depuis vendredi, des centaines de Malawiens se rassemblent dans un centre de Pietermaritzburg pour demander leur rapatriement, craignant de nouvelles attaques xénophobes. L’Afrique du Sud est secouée depuis plusieurs semaines par une vague de violences anti‑étrangers qui a déjà fait au moins deux morts et poussé plusieurs pays africains à envoyer des avions pour évacuer leurs ressortissants. Des groupes de protestation peu organisés mais déterminés ont lancé un ultimatum exigeant le départ des migrants en situation irrégulière d’ici le 30 juin. En réponse, les autorités sud‑africaines ont annoncé un renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire.

Campagne électorale sous tension Parallèlement à ces violences, la période préélectorale est marquée par des incidents graves. Lors des opérations d’inscription sur les listes électorales ce week-end, des hommes armés ont ouvert le feu et tué quatre personnes liées à des partis politiques. Les élections locales sont prévues le 4 novembre prochain. Les partis politiques font campagne dans un climat de méfiance et de tensions intercommunautaires, les questions migratoires occupant une place centrale dans les discours.

Un phénomène récurrent Les violences xénophobes ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud. Depuis plusieurs années, des étrangers originaires d’autres pays africains sont régulièrement pris pour cible, accusés de voler les emplois et les ressources des Sud‑Africains. L’ultimatum du 30 juin, lancé par des collectifs anti‑migrants, a ravivé les craintes et provoqué un exode préventif. Les autorités sud‑africaines ont appelé au calme et promis de protéger tous les résidents, quelle que soit leur nationalité. La police a indiqué qu’elle poursuivait ses investigations dans le cadre de l’affaire du Malawien tué et qu’elle recherchait les auteurs de l’agression.