L'aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía, qui dessert Caracas, a accueilli samedi un premier vol humanitaire en provenance des États-Unis, marquant une étape importante dans l'acheminement de l'aide internationale après les deux tremblements de terre qui ont frappé le Venezuela cette semaine. L'appareil, un C-17 de l'armée américaine transportant des équipes de secouristes, du matériel médical et des générateurs, a atterri en fin d'après-midi sur une piste partiellement réparée, selon des informations officielles.

Ce vol s'inscrit dans le cadre de l'engagement pris par le président Donald Trump, qui avait promis le soutien des États-Unis à ses « nouveaux et formidables amis » vénézuéliens. Les autorités locales ont indiqué que l'aéroport, endommagé par les séismes, a été rouvert de façon limitée pour permettre l'arrivée des secours. Des travaux d'urgence ont été réalisés sur la piste principale et la tour de contrôle, permettant d'accueillir des appareils lourds.

L'ampleur de la catastrophe demeure considérable. Les bilans provisoires, communiqués par la présidente par intérim, font état d'au moins 920 morts et de 50 000 personnes portées disparues. L'État de La Guaira, où se trouve l'aéroport, figure parmi les zones les plus touchées, avec des quartiers entiers ensevelis sous les décombres. Les équipes de secours poursuivent leurs recherches sous les gravats, mais les routes coupées et les communications intermittentes compliquent l'accès à de nombreuses localités.

Déploiement progressif de l'aide internationale

Plusieurs pays ont déjà dépêché des équipes de sauvetage et du matériel. La Colombie, le Brésil, la France et l'Espagne ont annoncé l'envoi de renforts. Une centaine de ressortissants espagnols sont toujours recherchés, tandis que des vols spéciaux sont organisés pour évacuer les blessés graves. Les Nations unies ont débloqué un fonds d'urgence de 15 millions de dollars pour financer les premières opérations.

Sur place, la priorité reste la recherche de survivants. Les secouristes, épaulés par des militaires vénézuéliens, travaillent sans relâche dans les décombres, notamment dans les quartiers de La Guaira et de l'État de Miranda. Des hôpitaux de campagne ont été installés dans plusieurs villes, et des distributions de nourriture, d'eau et de médicaments ont commencé, mais les besoins restent immenses en raison du nombre de déplacés. Plus de 200 000 personnes auraient perdu leur logement.

Tension politique et coordination humanitaire

Cette catastrophe survient dans un contexte politique complexe. Le gouvernement intérimaire, en place depuis l'enlèvement de Nicolás Maduro lors de l'opération « Absolute Resolve », tente de coordonner l'aide tout en faisant face à des critiques sur la lenteur des secours initiaux. La décision des États-Unis d'envoyer directement des vols humanitaires a été saluée par les autorités locales, qui y voient un signe de normalisation des relations bilatérales après des années de tensions.

Les prochains jours devraient voir l'arrivée de nouveaux vols cargo, notamment en provenance d'Europe et de pays voisins. L'aéroport de Caracas, bien que partiellement opérationnel, pourrait servir de hub logistique pour toute la région sinistrée. Les secouristes espèrent que l'arrivée de matériel lourd permettra d'accélérer les fouilles et de limiter le nombre de victimes, alors que les 72 heures cruciales pour retrouver des survivants sont déjà dépassées.