Alors que la vague de chaleur exceptionnelle qui a frappé la France amorce une décrue, les hôpitaux constatent encore les effets de l’épisode caniculaire. Le CHU de Rennes fait état d’une hausse de 25 % des passages aux urgences pendant la période la plus intense de la canicule. Cette augmentation concerne principalement des personnes âgées et des patients souffrant de pathologies chroniques aggravées par les fortes chaleurs.

Des services sous tension dans plusieurs régions

En Moselle, le Centre hospitalier régional (CHR) de Thionville a également été durement touché. Les équipes médicales ont dû faire face à un afflux important de patients présentant des symptômes liés à la chaleur, notamment des cas de déshydratation sévère et de coups de chaleur. La direction de l’établissement a dû activer des plans d’urgence pour renforcer les effectifs et ouvrir des lits supplémentaires.

Dans la capitale, la situation ne se limite pas aux seuls services de soins. Les deux funérariums de Paris intra-muros affichent complet depuis samedi, une conséquence directe de la surmortalité observée durant ce pic de chaleur. Les capacités d’accueil des défunts se retrouvent saturées, obligeant certaines familles à se tourner vers des établissements situés en proche banlieue.

Une décrue progressive mais fragile

Les prévisions météorologiques annoncent une baisse des températures sur l’ensemble du territoire. La vigilance rouge a été levée dans de nombreux départements, mais 37 d’entre eux restent placés en vigilance rouge ce week-end, principalement dans la moitié nord du pays. La décrue se confirme, mais les autorités sanitaires appellent à la prudence, car les organismes les plus fragiles restent vulnérables même après le passage du pic.

La ministre de la Santé a rappelé l’importance de maintenir les gestes de prévention, notamment pour les personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs exposés à la chaleur. Les services d’urgence restent en alerte, et des renforts ont été maintenus dans plusieurs hôpitaux pour faire face à d’éventuelles complications.

Un bilan qui s’alourdit

Cet épisode caniculaire, l’un des plus sévères depuis 2003, a provoqué plusieurs décès directs et indirects. Outre les noyades liées à des baignades de fortune pour se rafraîchir, des personnes vulnérables ont succombé à la chaleur dans leur logement ou sur la voie publique. Un enfant de trois ans a été retrouvé mort dans une voiture, un drame qui a relancé les appels à la vigilance.

Les autorités sanitaires n’ont pas encore communiqué de bilan global consolidé, mais les indicateurs régionaux confirment une surmortalité significative. Les hôpitaux, qui avaient anticipé cet afflux grâce aux alertes de Météo-France, ont pu activer leurs plans blancs dans plusieurs départements.

Des infrastructures mises à rude épreuve

Les réseaux de transport subissent également les conséquences de la canicule. La SNCF a mobilisé 3 500 agents pour surveiller les voies ferrées, vulnérables aux dilatations thermiques. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a réclamé un « plan d’investissement massif » pour adapter le réseau ferroviaire aux épisodes de chaleur extrême. Les coupures d’électricité ont touché jusqu’à 68 000 foyers dans certaines régions, principalement dans l’Ouest et le Centre.

Une vigilance qui reste de mise

Si la décrue se poursuit, la fin de l’épisode caniculaire n’est pas encore définitivement acquise. Météo-France prévoit un retour à des températures plus conformes aux normales saisonnières dans les prochains jours, mais les autorités appellent à ne pas relâcher les efforts de prévention. Les hôpitaux, en première ligne, continuent d’enregistrer des admissions en lien avec la chaleur, un signe que les conséquences de cette vague ne s’effacent pas aussi vite que le mercure ne baisse.