Une nomination qui répond à une polémique
Air Canada a officialisé mercredi 8 juillet la désignation de son nouveau premier dirigeant. Anko van der Werff, actuellement à la tête de Scandinavian Airlines, prendra les rênes de la compagnie à l'automne. Le conseil d'administration a souligné que ce cadre maîtrise six langues, dont le français, une compétence devenue centrale après les remous provoqués par son prédécesseur.
Michael Rousseau, qui occupait le poste depuis plusieurs années, quitte ses fonctions dans un climat de vives critiques. En mars dernier, un appareil d'Air Canada Express était entré en collision avec un camion lors de l'atterrissage à l'aéroport LaGuardia de New York, faisant deux morts parmi les pilotes, dont un francophone. Pour répondre à ce drame, le PDG avait diffusé une vidéo dans laquelle il n'avait prononcé que deux mots en français : « bonjour » et « merci ». Le reste de son message était en anglais.
Cette séquence avait provoqué l'indignation au Québec, province où le français partage le statut de langue officielle avec l'anglais au niveau fédéral. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, avait publiquement dénoncé l'attitude de Michael Rousseau. « Nous vivons fièrement dans un pays bilingue. Les entreprises comme Air Canada ont la responsabilité de toujours communiquer dans les deux langues officielles, quelle que soit la situation. Je suis très déçu », avait-il déclaré devant les médias.
Un passé de promesses non tenues
Michael Rousseau n'en était pas à son premier manquement linguistique. En 2021, après avoir prononcé un discours entièrement en anglais devant un cercle d'affaires québécois, il s'était engagé à apprendre le français. Cet objectif n'a jamais été atteint, selon les informations disponibles.
La loi fédérale oblige pourtant Air Canada à proposer l'ensemble de ses services dans les deux langues officielles. Lors de sa privatisation en 1988, le gouvernement a également imposé que le siège social reste à Montréal, la plus grande ville du Québec. La province a, depuis les années 1970, adopté plusieurs lois linguistiques visant à mettre fin à la domination de l'anglais dans les grandes entreprises, mais Air Canada, relevant de la régulation fédérale, n'est pas soumise à ces textes provinciaux.
Un profil international pour redresser l'image
Le nouveau PDG désigné, Anko van der Werff, arrive d'une compagnie scandinave et parle couramment le français, ce qui constitue un atout majeur pour apaiser les tensions avec les francophones. Son parcours international et sa maîtrise de plusieurs langues correspondent aux attentes des autorités et du public québécois.
La transition devrait s'effectuer à l'automne, sans plus de précisions sur la date exacte. Air Canada n'a pas commenté les conditions du départ de Michael Rousseau, mais les observateurs estiment que la polémique née de la catastrophe de mars a précipité son éviction. La compagnie cherche désormais à tourner la page et à restaurer sa crédibilité auprès de la clientèle francophone, majoritaire dans la région où elle est implantée.