Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé, jeudi, l'accord de sa coalition réunissant l'Union chrétienne-démocrate (CDU), l'Union chrétienne-sociale (CSU) et le Parti social-démocrate (SPD) sur un vaste ensemble de réformes destiné à redynamiser une économie en berne. Qualifié de « catalogue de réformes importantes » par le chef du gouvernement, ce plan a été dévoilé lors d'une conférence de presse à Berlin, en présence des dirigeants des trois formations.
Les grandes lignes du plan
Le paquet s'articule autour de trois axes principaux : la fiscalité, la retraite et la santé au travail. Côté fiscal, il prévoit un allègement annuel de 10 milliards d'euros (environ 11,4 milliards de dollars) pour les ménages. Ce montant serait partiellement compensé par une hausse du taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu, porté de 45 % à un niveau non précisé dans les annonces.
En matière de retraite, le gouvernement entend mettre en œuvre les propositions de la commission des retraites d'ici la fin de l'année 2026. Ces mesures incluent l'introduction d'un volet basé sur l'investissement dans le système de retraite par répartition allemand, ainsi qu'un relèvement progressif de l'âge légal de départ à la retraite au cours des prochaines décennies.
Fin des arrêts maladie téléphoniques
L'une des mesures les plus emblématiques concerne l'arrêt maladie. Le système actuel, qui permet d'obtenir un certificat médical par simple appel téléphonique, sera supprimé. Cette décision vise à lutter contre les abus et à réduire l'absentéisme, un sujet sensible dans le débat public allemand.
Un compromis après de longues négociations
Les quatre dirigeants des partis de la coalition — Friedrich Merz (CDU), Bärbel Bas et Lars Klingbeil (SPD), ainsi que Markus Söder (CSU) — se sont réunis la veille à Berlin pour finaliser les détails du paquet. La présentation a eu lieu après une nuit de discussions, selon les images diffusées depuis la chancellerie.
Les réactions à ces annonces sont pour l'heure diverses, certaines voix saluant une tentative de modernisation tandis que d'autres expriment des réserves sur la hausse du taux d'imposition maximal et le recul de l'âge de la retraite. Le gouvernement assure que ces mesures sont nécessaires pour restaurer la compétitivité de l'économie allemande, confrontée à une croissance atone.
Prochaines étapes
Le texte devra désormais être examiné par le Parlement, où la coalition dispose d'une majorité. Les détails précis de la réforme des retraites — notamment le rythme du relèvement de l'âge légal et le calibrage du nouveau volet par capitalisation — devraient être précisés dans les semaines à venir, alors que les partenaires sociaux et les experts sont appelés à se prononcer.