Alors que la France traverse une épisode de canicule avec des températures dépassant localement les 40 °C, les consultations pour allergies explosent. Les pollens prolifèrent, rendant la vie quotidienne difficile pour des millions de personnes. Une Parisienne témoigne : « On est obligé de gérer en permanence et on a une sensibilité qui est complètement exacerbée, donc c’est très difficile. » Elle fait partie des 30 % d'adultes concernés par une allergie aux pollens en France, selon l'Agence Régionale de Santé (ARS), qui précise que 20 % des enfants sont également touchés.
Un lien entre chaleur et allergènes
La hausse des températures ne se contente pas de prolonger la saison pollinique ; elle modifie aussi la composition des pollens. Sous l'effet de la chaleur, ceux-ci deviennent plus allergisants. « La chaleur et la pollution augmentent la sensibilité dans la population », résume un spécialiste interrogé par Le Monde. En milieu urbain, la pollution atmosphérique, en se combinant aux grains de pollen, peut renforcer leur pouvoir allergène et irriter davantage les voies respiratoires.
Des gestes simples pour se protéger
Face à cette situation, les autorités sanitaires diffusent des conseils pratiques. Il est recommandé d'aérer son logement tôt le matin ou tard le soir, lorsque la concentration de pollens est la plus faible. Il faut éviter les activités physiques en extérieur lors des pics de pollen et ne pas faire sécher son linge dehors. Après une sortie, il est conseillé de se rincer les cheveux pour éliminer les pollens accumulés. Une Parisienne explique utiliser un masque lorsqu'elle arrose ses plantes sur sa terrasse. La pluie reste le meilleur remède, mais elle se fait attendre alors que l'été commence.
Une tendance de fond inquiétante
Au-delà de l'épisode caniculaire, la progression des allergies est une tendance lourde. Le réchauffement climatique pousse les arbres à produire du pollen plus tôt dans l'année et sur une période plus longue. Combiné à la pollution, ce phénomène expose davantage la population, et en particulier les enfants, à des sensibilisations précoces. Les experts estiment que d'ici à 2050, près de la moitié de la planète pourrait être concernée par au moins une allergie.
Des traitements existent
Pour les personnes les plus touchées, des traitements comme la désensibilisation permettent de réduire les symptômes sur le long terme. Ce procédé vise à habituer progressivement l'organisme à l'allergène, en lui administrant des doses croissantes de pollen. Une solution radicale, mais qui nécessite un suivi médical rigoureux sur plusieurs mois.
En attendant, les Français doivent composer avec une météo qui, conjuguée à la pollution, rend l'air de plus en plus difficile à respirer pour les allergiques.