Le parquet de Paris a confirmé, mercredi 1er juillet, la mise en examen de l’avocat Amar Bouaou pour « blanchiment en bande organisée » et « évasion fiscale ». Cette décision fait suite à une enquête ouverte après un signalement de Tracfin, la cellule de renseignement financier du ministère de l’Économie.
Selon le parquet, Tracfin avait repéré la perception par l’avocat de près de 300 000 euros, en provenance de sociétés dépourvues d’activité économique réelle. Ces flux financiers ont éveillé les soupçons des autorités, qui ont ouvert une information judiciaire. Un juge d’instruction parisien a ensuite prononcé la mise en examen de l’intéressé.
Un avocat spécialisé dans la criminalité organisée
Amar Bouaou est un pénaliste réputé pour sa clientèle issue du grand banditisme. Il a notamment assuré la défense de plusieurs figures de la criminalité organisée, sans que les sources fournies ne précisent davantage leurs identités. Cette clientèle particulière lui a valu une attention accrue des services financiers.
L’enquête en cours cherche à déterminer l’origine et la destination des sommes perçues par l’avocat. Les investigations portent également sur d’éventuels mécanismes de blanchiment via des sociétés écrans. La qualification de « blanchiment en bande organisée » implique une présomption de participation à un réseau structuré.
Des charges lourdes
Outre le blanchiment en bande organisée, Amar Bouaou est également mis en examen pour évasion fiscale. Cette double qualification indique que les faits présumés relèvent à la fois d’infractions financières et fiscales. La procédure a été ouverte par le parquet de Paris, qui n’a pas communiqué sur un éventuel placement en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire.
Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations. L’affaire pourrait s’étendre à d’autres personnes si les enquêteurs identifient des complicités ou un réseau plus vaste. Pour l’instant, seul Amar Bouaou a été mis en examen.
Contexte et précédents
Cette affaire intervient dans un contexte de renforcement des moyens dédiés à la lutte contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. Tracfin joue un rôle clé dans la détection des flux financiers anormaux, notamment ceux impliquant des professionnels du droit potentiellement utilisés comme intermédiaires. Les avocats, tenus au secret professionnel, peuvent se retrouver au cœur de ce type d’enquêtes lorsque leurs activités suscitent des doutes.
Amar Bouaou n’en est pas à sa première confrontation avec la justice, mais les sources disponibles ne mentionnent pas de condamnations antérieures. La présomption d’innocence demeure, et l’intéressé pourra contester les charges retenues dans le cadre de l’instruction.
Réactions et suites
Aucune déclaration de la défense d’Amar Bouaou n’a été rendue publique à ce stade. Le parquet de Paris n’a pas précisé la date d’une éventuelle audience de fond. L’instruction devrait se poursuivre pendant plusieurs mois, avec des auditions et des expertises financières.
L’affaire illustre les difficultés de concilier le secret professionnel des avocats avec les obligations de lutte contre le blanchiment. Les autorités rappellent que les professionnels du droit sont soumis à des déclarations obligatoires auprès de Tracfin en cas de soupçon.
Amar Bouaou est le dernier exemple en date d’un avocat pénaliste mis en cause pour des faits similaires. L’issue de cette procédure sera suivie de près par la profession et les observateurs judiciaires.