Amazon a levé le voile sur une nouvelle salve de robots destinés à ses centres logistiques, lors d’un événement organisé début juin près de Londres. La firme de Seattle a dévoilé la version améliorée de son robot mobile autonome Proteus, désormais capable de réagir à des instructions en langage naturel, ainsi que deux autres systèmes robotiques, Stark et Vulcan. L’entreprise assure que ces machines sont conçues pour assister les employés, et non pour les remplacer.

Proteus : un robot qui comprend la parole Présenté pour la première fois en 2022, Proteus est un robot mobile autonome (AMR) capable de déplacer des chariots d’une charge maximale de 400 kilogrammes dans les zones de quai des entrepôts. Il était déjà déployé dans 25 centres de distribution aux États-Unis. La nouvelle mouture, dévoilée le 4 juin 2026, franchit une étape supplémentaire : elle peut naviguer dans l’ensemble du bâtiment, bien au-delà des seules zones de quai, et interpréter des consignes formulées en langage courant.

« Vous lui dites ce qui doit être fait. Il détermine la priorité, l’itinéraire, le bon timing. Il devient votre assistant pour le déplacement de marchandises », a expliqué Scott Dresser, vice-président d’Amazon Robotics. Les employés peuvent donc interagir avec Proteus comme avec un collègue, en utilisant un langage simple et conversationnel. Le robot planifie lui-même ses trajets et ses actions grâce à l’intelligence artificielle. Son déploiement en Europe est prévu au premier semestre 2027.

Stark et Vulcan : manipulation et « sens du toucher » Parallèlement à Proteus, Amazon a présenté deux autres robots. Stark est un système collaboratif conçu pour la manipulation de bacs : il saisit les contenants sur des convoyeurs et les déplace sur des chariots, prenant en charge les levages lourds et répétitifs. Testé à Barcelone, Stark doit être déployé sur quinze sites européens d’ici à 2027.

Vulcan, dévoilé en mai 2025, est le premier robot d’Amazon doté de ce que le groupe appelle le « sens du toucher ». Il intègre plusieurs capteurs de retour de force et peut « voir et identifier les objets simultanément pour évoluer dans des environnements densément chargés », selon l’entreprise. Vulcan manipule des objets rangés dans des compartiments de 30 centimètres carrés et assure déjà des tâches de prélèvement sur le site d’Amazon à Hambourg, en Allemagne.

10 milliards d’euros d’investissement et 25 000 emplois annoncés Ces innovations s’inscrivent dans un plan d’investissement de plus de 10 milliards d’euros destiné à moderniser le réseau logistique européen d’Amazon. Le groupe affirme que cette enveloppe permettra la création de 25 000 emplois sur le Vieux Continent. Par ailleurs, Amazon a également annoncé un investissement de 15 milliards d’euros en France sur trois ans, accompagné de la création de 7 000 postes en CDI.

Un million de robots déjà en service Depuis une dizaine d’années, Amazon a déployé massivement des robots dans ses centres de distribution. En juillet 2025, l’entreprise avait franchi le cap du millionième robot installé. La majeure partie de ces machines sont des robots de transport Hercules, capables de porter jusqu’à 565 kilogrammes de marchandises sur des étagères mobiles. Si ces robots évoluent dans des zones grillagées dédiées et suivent des instructions issues d’un logiciel centralisé, Proteus se distingue par sa capacité à se déplacer librement au milieu des opérateurs humains.

La question de l’emploi Face aux craintes suscitées par l’automatisation, Amazon répète que ces robots sont destinés à soutenir les employés et non à les remplacer. L’entreprise avance que l’automatisation favorise l’émergence de nouvelles catégories de métiers et, par conséquent, de nouveaux postes. Reste que la perspective de robots capables de trier des colis ou de comprendre des ordres vocaux alimente les inquiétudes sur l’évolution du travail logistique.