L'entreprise américaine Anduril a levé le voile sur un nouvel engin militaire d'un genre inédit : le Thunder, un hélicoptère d'attaque autonome, lourdement armé et capable de décoller verticalement. Présenté en ouverture du salon de Farnborough, cet aéronef sans pilote est conçu pour voler aux côtés des hélicoptères habités et intervenir dans ce que les stratèges appellent la « kill zone », la zone de mise à mort où la densité des tirs et des drones rend la présence humaine particulièrement périlleuse.

Un partenariat inattendu entre un spécialiste des taxis volants et un champion de la défense Le Thunder est le fruit d'une collaboration entre Anduril, pépite californienne de la défense, et Archer Aviation, une société jusqu'alors connue pour ses projets de taxis volants électriques. Archer a annoncé se diversifier dans le secteur militaire en fournissant sa plateforme aéronautique pour ce programme. Le marché de la défense est jugé plus accessible que l'aviation civile en raison de contraintes réglementaires moins lourdes, un argument qui a séduit les investisseurs : le titre Archer a bondi de 20 % en Bourse après cette annonce.

Capacités et armement : un drone de combat dédié aux missions à haut risque Thunder est un aéronef à voilure tournante et à décollage et atterrissage verticaux (VTOL). Selon les données communiquées par les deux entreprises, il affiche une autonomie d'environ 800 nautiques (près de 1 500 kilomètres) et une vitesse de croisière de l'ordre de 300 nœuds (environ 555 km/h). Sa charge utile atteint 500 livres (environ 227 kg), lui permettant d'emporter plusieurs missiles air-sol, dont des AGM-114 Hellfire, des roquettes ou d'autres munitions guidées.

L'engin est conçu pour évoluer en essaim, en coordination avec des hélicoptères habités comme l'AH-64 Apache ou l'UH-60 Black Hawk. Anduril précise que l'intelligence artificielle embarquée gère les trajectoires, la détection des menaces et l'engagement des cibles, avec une supervision humaine à distance. L'objectif affiché est de retirer les pilotes des situations les plus exposées, en envoyant le drone en première ligne.

Un marché militaire porteur pour les drones de combat Avec Thunder, Anduril et Archer Aviation ciblent un créneau en pleine expansion : les drones de combat collaboratifs capables d'opérer dans des environnements saturés par la défense antiaérienne et les drones adverses. Les forces américaines, notamment le Corps des Marines, ont exprimé un intérêt croissant pour les aéronefs VTOL sans pilote, capables de décoller depuis des navires ou des terrains sommairement aménagés.

Ce projet intervient alors que de nombreuses armées occidentales cherchent à accélérer l'acquisition de systèmes autonomes pour réduire les pertes humaines et accroître la puissance de feu sur le champ de bataille. Anduril, déjà connu pour ses drones maritimes et ses systèmes de surveillance, étend ainsi son offre au domaine des hélicoptères d'attaque autonomes.

Implications stratégiques et réglementaires Le développement du Thunder soulève des questions sur l'équilibre entre autonomie et contrôle humain dans les frappes létales. Anduril assure que toutes les décisions de tir restent validées par un opérateur distant, conformément aux doctrines en vigueur. Le salon de Farnborough, traditionnellement dédié à l'aviation civile, accueille depuis quelques années une part croissante de présentations militaires, signe de l'importance grandissante des drones dans les budgets de défense.