Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a soumis l’idée d’une augmentation significative de la taxe professionnelle pesant sur les entrepôts, une mesure dont le produit servirait à réduire la fiscalité des commerces situés dans les rues principales. L’initiative, connue sous le nom de « warehouse tax » (taxe sur les entrepôts), vise à rééquilibrer un système jugé défavorable aux petits magasins face aux géants de la logistique.
Selon des informations issues de plusieurs sources, le projet prévoit d’accroître le montant des « business rates » (impôt foncier sur les locaux professionnels) pour les grandes surfaces de stockage, tout en allégeant la charge fiscale qui pèse sur les boutiques physiques en cœur de ville. L’objectif affiché est de soutenir le commerce de proximité, fragilisé par la concurrence du commerce en ligne et des grandes chaînes logistiques.
Réactions des acteurs économiques
Les représentants du secteur de la distribution ont immédiatement exprimé leurs réserves face à l’ampleur potentielle de cette hausse. Plusieurs organisations professionnelles redoutent que l’augmentation des coûts pour les entrepôts ne se répercute sur les prix à la consommation ou n’entraîne une réduction des investissements logistiques dans la région. Un porte-parole du secteur a déclaré : « Une telle mesure pourrait gravement affecter la compétitivité des entreprises qui dépendent d’installations de stockage, sans garantir que les allègements promis profitent réellement aux petits commerces. »
L’initiative de Burnham s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la fiscalité locale au Royaume-Uni, où les « business rates » font l’objet de critiques récurrentes. Les commerçants de centre-ville dénoncent depuis longtemps une charge disproportionnée par rapport à celle supportée par les entrepôts périphériques, souvent moins taxés en raison de leur emplacement.
Détails de la proposition
Les documents disponibles ne précisent pas encore les taux exacts envisagés, mais les premières estimations évoquent une hausse qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de pour cent pour les plus grands sites logistiques. En contrepartie, les réductions consenties aux commerces de la « high street » (rue principale) pourraient prendre la forme d’abattements ou de crédits d’impôt.
Les autorités locales du Grand Manchester soulignent que cette réforme est encore à un stade préliminaire de discussion. Aucun vote ni calendrier législatif n’a été officiellement fixé. Burnham a précisé que la consultation des parties prenantes, notamment les entreprises et les associations de contribuables, serait une étape clé avant toute mise en œuvre.
Enjeux politiques et économiques
Cette proposition intervient alors que le gouvernement britannique examine lui-même une réforme plus large de la fiscalité locale. Manchester, souvent présentée comme un laboratoire de politiques urbaines innovantes, pourrait servir de modèle pour d’autres métropoles. Cependant, la controverse révèle les tensions entre la nécessité de revitaliser les centres-villes et celle de ne pas freiner la croissance du secteur logistique, essentiel à l’économie régionale.
Les analystes notent que l’équilibre est délicat : taxer trop lourdement les entrepôts risquerait de pousser les entreprises à délocaliser leurs activités de stockage vers d’autres régions, tandis que ne rien faire laisserait se poursuivre le déclin des commerces de proximité. Le débat est donc loin d’être clos.