Cuba connaît depuis ce début de semaine une panne d'électricité généralisée sur l'ensemble de son territoire. Il s'agit du troisième incident de cette ampleur en l'espace de six mois, confirmant la fragilité chronique du réseau électrique cubain. Les équipes techniques sont mobilisées pour rétablir progressivement la fourniture d'électricité, mais les difficultés s'accumulent.
Cette nouvelle coupure intervient dans un contexte de tensions persistantes sur l'approvisionnement en pétrole. Le gouvernement cubain impute régulièrement ces défaillances au renforcement des sanctions américaines, qui limitent l'accès de l'île aux hydrocarbures nécessaires au fonctionnement de ses centrales thermiques. Le réseau électrique, vieillissant et insuffisamment entretenu, peine à faire face aux pics de demande et aux aléas techniques.
Les habitants, déjà éprouvés par les pénuries récurrentes et une inflation galopante, expriment leur lassitude. « Vivre comme ça, c'est une agonie », a confié un résident de La Havane, résumant le sentiment d'une partie de la population qui doit composer quotidiennement avec des coupures de courant programmées et des délestages imprévisibles. Les perturbations affectent l'ensemble des activités économiques, la conservation des aliments, l'accès à l'eau potable et les services de santé.
Un système en bout de course
Les autorités ont annoncé avoir activé des protocoles de rétablissement graduel, en commençant par les infrastructures critiques (hôpitaux, centres de distribution d'eau). Cependant, le retour à une situation normale pourrait prendre plusieurs jours. Les ingénieurs doivent faire face à l'état de délabrement de nombreuses installations, dont certaines datent de plusieurs décennies et manquent de pièces de rechange en raison de l'embargo commercial imposé par Washington.
Les coupures générales se sont succédé à un rythme accéléré, reflétant l'incapacité du système à assurer une production stable. La première panne massive avait eu lieu au début de l'année 2026, suivie d'une seconde quelques mois plus tard. Celle-ci constitue donc la troisième en six mois, un record qui souligne l'aggravation de la situation énergétique cubaine.
Des causes multiples et imbriquées
Au-delà de l'embargo américain, dont les effets sont régulièrement dénoncés par La Havane, plusieurs experts pointent le sous-investissement chronique dans le secteur électrique, le manque de devises pour importer du combustible et des équipements, ainsi que la dépendance aux centrales thermiques vieillissantes. L'absence de diversification énergétique et le retard dans le développement des énergies renouvelables aggravent la vulnérabilité du réseau.
La panne actuelle intervient alors que le pays traverse une grave crise économique, marquée par une pénurie de produits de première nécessité, une inflation élevée et une baisse du pouvoir d'achat. Les coupures d'électricité paralysent des pans entiers de l'économie informelle et formelle, réduisant encore les revenus des ménages et des entreprises.
Une mobilisation incertaine
Les autorités ont appelé la population à faire preuve de patience et ont promis de tout mettre en œuvre pour rétablir le service dans les meilleurs délais. Des renforts techniques ont été dépêchés dans les centrales les plus endommagées. Néanmoins, face à l'ampleur des dégâts et au manque de ressources, le calendrier de rétablissement reste incertain.
Cette nouvelle panne généralisée relance le débat sur la nécessité d'une réforme en profondeur du secteur énergétique cubain, ainsi que sur les conséquences humanitaires et économiques de l'embargo. Pour l'heure, des millions de Cubains restent privés d'électricité, contraints de s'organiser comme ils le peuvent dans l'obscurité et la chaleur de l'été caribéen.