Une nouvelle escalade dans la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine secoue le secteur de l'intelligence artificielle. La société Anthropic, à l'origine des modèles de langage Claude, a porté des accusations graves contre le groupe chinois Alibaba, l'accusant d'avoir mis en place un dispositif systématique de collecte non autorisée de données. Selon des informations révélées le 25 juin 2026, la jeune pousse californienne estime qu'Alibaba a créé plus de 25 000 faux comptes dans le but de copier les fonctionnalités de ses modèles.
Des accusations de vols de propriété intellectuelle
D'après les éléments communiqués par Anthropic, cette opération de collecte, souvent désignée sous le terme de « scraping », aurait été menée à grande échelle. La technique consisterait à utiliser des comptes fictifs pour interroger de manière intensive les modèles Claude afin d'en extraire des informations sur leur fonctionnement interne et leurs capacités. La société américaine voit dans cette manœuvre une tentative d'ingénierie inverse illicite de ses technologies propriétaires. De tels agissements, s'ils étaient avérés, pourraient violer les conditions d'utilisation des services d'Anthropic et les lois sur la protection de la propriété intellectuelle.
La position des experts en sécurité
Des analystes du secteur technologique estiment que les entreprises développant des modèles d'IA disposent d'outils pour se prémunir contre ce type de pratiques. Plusieurs mesures de défense peuvent être mises en œuvre, comme la limitation du nombre de requêtes par compte, l'analyse comportementale des utilisateurs ou le déploiement de systèmes de détection de trafic anormal. Le recours à des comptes multiples pour contourner ces restrictions, comme le décrit Anthropic, représenterait une tentative d'exploitation massive et coordonnée des failles de ces protections.
La réponse catégorique d'Alibaba
Face à ces accusations, Alibaba a publié un démenti formel. Le conglomérat chinois nie catégoriquement avoir obtenu un accès illicite aux modèles Claude ou avoir encouragé toute pratique visant à siphonner les données de l'entreprise américaine. Dans sa communication, le groupe dirigé par Eddie Wu affirme respecter la propriété intellectuelle des tiers et se conformer aux lois et réglementations en vigueur dans les pays où il opère. Aucune preuve matérielle n'a été présentée publiquement par Anthropic à ce stade, les deux parties campant sur des positions antagonistes.
Un contentieux dans un contexte de tensions géopolitiques
Cette affaire intervient dans un climat de compétition intense entre les acteurs américains et chinois de l'intelligence artificielle. La Chine a fait du développement de l'IA une priorité stratégique, avec des entreprises comme Alibaba, Baidu ou Tencent investissant massivement dans le secteur. Les États-Unis, de leur côté, ont multiplié les restrictions à l'exportation de technologies sensibles vers la Chine, craignant des transferts de savoir-faire qui pourraient bénéficier à des applications militaires ou de surveillance. Ce différend commercial pourrait trouver un écho dans les discussions diplomatiques entre les deux puissances.
Les conséquences potentielles pour le secteur
Au-delà du face-à-face entre Anthropic et Alibaba, cette affaire soulève des questions plus larges sur la protection des modèles d'IA. Alors que les systèmes deviennent plus performants et plus coûteux à développer, la tentation de copier ou de détourner ces technologies augmente. Les entreprises du secteur pourraient être amenées à renforcer leurs dispositifs de sécurité et à multiplier les poursuites judiciaires pour protéger leurs investissements. Par ailleurs, cet incident risque d'alimenter les appels à une régulation plus stricte des pratiques de collecte de données dans le domaine de l'intelligence artificielle, tant au niveau national qu'international.
Des précédents dans le secteur technologique
Les accusations de vol de propriété intellectuelle ne sont pas nouvelles dans le monde de la technologie. Plusieurs entreprises ont déjà intenté des actions en justice contre des concurrents pour des pratiques similaires de collecte de données. Cependant, l'ampleur du nombre de comptes évoqué par Anthropic, s'il se confirme, établirait un nouveau record dans ce type d'affaires. La transparence des investigations à venir sera cruciale pour déterminer la véracité des allégations et pour fixer des précédents juridiques dans le domaine spécifique des modèles de langage de grande taille.
Les réactions attendues des autorités
Pour l'heure, ni les autorités américaines ni les autorités chinoises n'ont officiellement commenté cette affaire. Il est probable que des enquêtes soient ouvertes si des preuves tangibles sont apportées. La dimension internationale du contentieux complique toute action judiciaire, les systèmes juridiques des deux pays différant sensiblement. Les observateurs notent que cette affaire pourrait servir de test pour l'application des lois sur la propriété intellectuelle dans l'économie numérique mondialisée.