Anthropic met pour la première fois son modèle d'intelligence artificielle le plus puissant à la disposition du public. Dénommé Claude Fable 5, ce système est dérivé de l'architecture Mythos, jusqu'ici réservée à quelques partenaires triés sur le volet. La commercialisation débute ce mardi via l'API de la société et ses formules Enterprise fondées sur la consommation.
Un modèle bridé dans les secteurs à risque
Fable 5 se distingue par ses performances en matière de génie logiciel, de travail cognitif et de vision par ordinateur. Toutefois, Anthropic a intégré des barrières de sécurité dures : dans les domaines de la cybersécurité, de la biologie, de la chimie et de la distillation, le modèle refuse de répondre et bascule automatiquement sur une version antérieure, Claude Opus 4.8. Cette précaution intervient alors que la société avait, la semaine dernière, élargi l'accès à Mythos à plusieurs centaines d'organisations réparties dans quinze pays, ciblant surtout les infrastructures critiques.
Un déploiement progressif pour les abonnés
L'accès à Fable 5 est d'abord inclus sans surcoût dans les formules d'abonnement Pro, Max, Team et Enterprise (par utilisateur) jusqu'au 22 juin. À compter du 23 juin, Anthropic retirera le modèle de ces offres et exigera le recours à des crédits d'utilisation. La société promet de rétablir Fable 5 comme une fonctionnalité d'abonnement standard dès que possible. Par ailleurs, une version améliorée de Mythos, baptisée Mythos 5, est déployée auprès des organisations déjà autorisées à utiliser le modèle avancé.
Un contexte de mise sur le marché tendu
Cette offensive commerciale survient alors qu'Anthropic se prépare à entrer en Bourse, à l'instar d'OpenAI. Le lancement de Fable 5 fait suite à une mise en garde publique de la start-up, qui alertait il y a quelques jours sur les dangers croissants de l'intelligence artificielle. La décision d'offrir un modèle aussi performant au grand public, mais avec un verrouillage strict sur les sujets les plus sensibles, illustre la volonté d'Anthropic de concilier innovation et responsabilité. Les observateurs notent que cette approche pourrait servir de test pour l'encadrement futur des IA généralistes.