Le marché français des fusions et acquisitions connaît un regain spectaculaire. Selon les données compilées par la plateforme PitchBook, le montant des opérations réalisées au premier semestre 2026 a augmenté de 57 % par rapport à la même période en 2025, atteignant son plus haut niveau depuis 2018. Cette performance s'inscrit dans une dynamique mondiale encore plus forte, avec une progression de 42 % des transactions à l'échelle planétaire, pour un total de 2 900 milliards de dollars.
Des méga-opérations tirent la croissance
Contrairement aux années précédentes, la hausse n'est pas due à une multiplication des petites transactions, mais à la concentration de capitaux sur un nombre réduit d'opérations de très grande envergure. Les groupes français ont multiplié les « mégadeals », ces rachats ou fusions de plusieurs milliards d'euros. Les sociétés Engie et SFR figurent parmi les principaux moteurs de cette embellie, avec des acquisitions d'envergure qui ont considérablement gonflé les volumes. Ce phénomène reflète une stratégie de plus en plus internationalisée des entreprises hexagonales, qui cherchent à se renforcer sur leurs marchés tout en diversifiant leurs actifs.
Un marché mondial dopé par l'audace des entreprises
À l'échelle mondiale, le bond de 42 % des fusions-acquisitions a été porté par une confiance renouvelée des dirigeants, malgré un contexte géopolitique tendu. Guerres commerciales, sanctions économiques et instabilités régionales n'ont pas freiné les appétits des grands groupes. Les analystes observent que les entreprises font désormais preuve d'une « frénésie » de consolidation, cherchant à gagner en taille critique face à la concurrence internationale. Les secteurs de l'énergie, des télécommunications et de la technologie sont particulièrement actifs.
Des volumes en hausse, mais des transactions moins nombreuses
L'une des particularités de ce semestre est le contraste entre le nombre d'opérations et leur valeur totale. Alors que le volume financier explose, le nombre de transactions a diminué, signe d'un recentrage sur des cibles stratégiques de premier plan. Les entreprises préfèrent désormais consacrer des budgets importants à quelques acquisitions majeures plutôt que de multiplier les petits rachats dispersés. Cette tendance pourrait se poursuivre dans les mois à venir, selon les experts, si les conditions de financement restent favorables.
Perspectives pour la suite de l'année
Les spécialistes du secteur estiment que ce premier semestre augure d'une année 2026 exceptionnelle pour le marché des fusions-acquisitions en France. La vigueur des opérations réalisées par des acteurs comme Engie et SFR pourrait encourager d'autres grandes entreprises à se lancer dans des projets similaires. Toutefois, la prudence reste de mise en raison des incertitudes économiques et politiques qui pèsent sur l'environnement des affaires. Les prochains mois permettront de vérifier si cette dynamique se maintient ou si elle s'essouffle face aux risques globaux.