Apple a dévoilé, lors de sa conférence annuelle des développeurs (WWDC) tenue le 8 juin 2026, plusieurs nouveautés destinées à l’application Photos de son futur système d’exploitation iOS 27. Parmi elles, deux outils s’appuyant sur l’intelligence artificielle générative suscitent l’attention : Extend, qui permet d’élargir le cadre d’une image en ajoutant des pixels synthétiques, et Spatial Reframe, qui modifie la perspective d’une photographie en générant des éléments invisibles sur le cliché original.
Un encadrement strict des retouches
Jon McCormack, responsable de la division appareil photo chez Apple, a tenu à rassurer sur l’approche retenue par son entreprise. Il assure que le groupe ne cède pas à la tentation d’utiliser l’IA « pour l’IA », mais cherche à résoudre des problèmes concrets de composition auxquels sont confrontés les photographes amateurs. Selon lui, ces outils offrent « à des gens ordinaires des superpouvoirs absolus », sans nécessiter de connaissances en retouche numérique.
Les nouvelles fonctionnalités sont néanmoins assorties de limites précises. La fonction Extend ne peut être appliquée qu’une seule fois par image, sans possibilité d’enchaîner les extensions. Elle élargit la photo de 25 % au maximum. Par ailleurs, l’outil Clean Up, déjà présent dans les versions précédentes, gagne en efficacité grâce à des modèles d’IA améliorés, mais il ne peut pas supprimer le sujet principal de l’image.
Della Huff, responsable produit pour les logiciels Appareil photo et Photos, précise que l’équipe a formé les modèles pour minimiser les « hallucinations », c’est-à-dire la création d’éléments qui n’auraient aucune raison d’être présents. « Le modèle a été entraîné pour ne rien créer là où ce n’est pas nécessaire », explique-t-elle. Concrètement, si l’utilisateur tente d’étendre une scène de rue, l’IA ne générera pas une voiture qui serait hors champ, sauf si la logique de l’image l’exige.
Un marquage invisible en préparation
Pour distinguer les images retouchées par IA des photographies authentiques, Apple prévoit d’intégrer d’ici la fin de l’année la technologie SynthID, développée par Google DeepMind. Celle-ci ajoutera un filigrane invisible permettant aux plates-formes de partage de signaler qu’une image a été modifiée par un outil génératif. Jon McCormack reconnaît néanmoins que les recherches ont montré que les tatouages numériques ne sont pas infaillibles.
« Une photographie, c’est quelque chose qui s’est réellement passé », affirme McCormack. Il insiste sur l’importance de préserver « le caractère sacré de l’instant » et de garantir « un journalisme authentique de votre propre vie ». Cette philosophie se traduit par des outils qui ne modifient pas le visage du sujet principal, contrairement à ce que proposent certains concurrents.
Une approche plus restrictive que chez Google et Samsung
Apple se distingue nettement des stratégies adoptées par Google et Samsung, qui autorisent des altérations beaucoup plus libres : effacement de personnes, déplacement d’éléments, ajout d’objets ou modification des couleurs du ciel. Le responsable de l’appareil photo des Pixel de Google avait lui-même souligné l’importance de la façon dont l’utilisateur se souvient de la photo, laissant une grande latitude pour faire correspondre l’image au souvenir.
Chez Apple, les corrections sont conçues pour résoudre des problèmes de cadrage que le photographe n’aurait pas remarqués au moment de la prise de vue : un sac plastique dans le fond, une photo d’enfant prise trop haut, ou un sujet placé trop près du bord. « C’est vraiment important pour nous de créer des outils qui préservent la sainteté de ce moment », conclut McCormack.
Les nouvelles fonctions seront disponibles dans iOS 27, dont la sortie grand public est attendue pour l’automne 2026. Une version bêta pour développeurs est d’ores et déjà accessible, et certains testeurs ont déjà pu observer des cas où l’IA génère des personnages ou des objets qui n’existaient pas dans la scène originale, ce qui pourrait relancer le débat sur la frontière entre authenticité et artifice.