Le coup de filet réglementaire européen sur les plateformes crypto non conformes au règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) continue de faire des victimes. AscendEX, une bourse d'échange de cryptomonnaies, a annoncé la fermeture de ses services après s'être vue refuser l'agrément nécessaire pour opérer dans l'Union européenne.
Un témoignage alarmant
Un client de la plateforme a rapporté ne pas parvenir à retirer les 62 000 dollars qu'il y détenait. « Je n'arrive pas à retirer mes 62 000 dollars », a-t-il déclaré, illustrant les conséquences concrètes pour les utilisateurs lorsque les opérateurs ne se mettent pas en conformité. L'arrêt des activités d'AscendEX, effectif depuis le début du mois de juillet, a gelé les retraits de l'ensemble de ses clients.
Le durcissement du cadre européen
Depuis le 1er juillet 2026, le règlement MiCA impose à toute plateforme de cryptomonnaies souhaitant servir des résidents européens de détenir un agrément délivré par une autorité compétente d'un État membre. Faute de cet agrément, les services doivent être suspendus ou stoppés. Plusieurs centaines d'acteurs, dont le géant Binance, ont été exclus du marché européen pour ne pas avoir obtenu le précieux sésame à temps.
AscendEX n'a pas communiqué les raisons précises de son échec, mais le cas illustre la difficulté pour certaines bourses, en particulier celles basées hors d'Europe, de se conformer aux exigences de transparence, de conservation des actifs et de lutte contre le blanchiment imposées par MiCA.
Un précédent inquiétant pour les clients
La fermeture d'AscendEX soulève la question du sort des fonds des utilisateurs. Le règlement MiCA prévoit des mécanismes de protection, mais ceux-ci ne s'appliquent pleinement qu'aux entités agréées. Pour les plateformes non conformes, les clients se retrouvent souvent sans recours immédiat. Certains juristes estiment que les utilisateurs pourraient engager des actions en responsabilité contre les dirigeants de la plateforme, mais l'issue reste incertaine.
Un marché en pleine recomposition
L'exclusion massive de plateformes – plusieurs centaines, selon les chiffres communiqués par l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) – a provoqué une ruée des concurrents agréés pour capter les millions d'utilisateurs laissés sans service. En France, des acteurs comme Paymium, qui a obtenu son agrément MiCA, tentent d'attirer les anciens clients de Binance. Mais le cas d'AscendEX montre que tous les utilisateurs ne peuvent pas transférer leurs actifs aisément, certains se retrouvant bloqués.