Les marchés asiatiques des valeurs technologiques ont vécu une nouvelle journée d'instabilité mercredi, les craintes persistantes concernant la soutenabilité de la frénésie liée à l'intelligence artificielle continuant d'agiter les investisseurs.

En Corée du Sud, l'indice KOSPI, qui avait plongé de 10 % la veille – déclenchant une onde de choc mondiale sur le secteur –, est reparti à la hausse. La séance a toutefois été marquée par d'amples fluctuations : l'indice a bondi de près de 4 % en matinée avant de subir une brusque décrue qui l'a fait brièvement perdre 2 %. En fin de journée, il est parvenu à se hisser à un gain de près de 3 %.

Ce rebond a été porté par les deux géants des semi-conducteurs sud-coréens. Samsung Electronics a grimpé de 8 %, tandis que SK Hynix a progressé de 1 %. Ces entreprises exercent un poids déterminant sur le KOSPI, qui était, depuis le début de l'année précédente, le marché boursier le plus performant au monde.

À Taïwan, le mouvement a été inverse. L'indice de référence a cédé plus de 2 %, entraîné par le recul de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), le premier fabricant mondial de puces sous contrat, dont l'action a chuté de 4 %. Taïwan et la Corée du Sud sont les deux économies les plus exposées à la bulle de l'intelligence artificielle, leurs indices étant largement dominés par une poignée de fleurons des semi-conducteurs.

Aux États-Unis, les contrats à terme sur l'indice S&P 500 ont progressé de 0,2 %, laissant entrevoir une modeste hausse à l'ouverture de Wall Street.

Les cours du pétrole, de leur côté, ont légèrement fléchi. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, contrat le plus actif, a reculé d'environ 1 %, à 76 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) américain pour août a également cédé 1 %, s'établissant autour de 72 dollars. Les marchés pétroliers restent sous tension en raison des perturbations persistantes du trafic dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique entre l'Iran et Oman qui voit transiter normalement jusqu'à un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole bruts.

Le prix de l'essence aux États-Unis est resté stable mardi, à une moyenne nationale de 3,93 dollars le gallon, selon l'association automobile AAA. Ce niveau représente une hausse de 32 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Sur les réseaux sociaux, le président Donald Trump a accusé les compagnies pétrolières de pratiquer des prix abusifs, estimant que les tarifs à la pompe n'avaient pas suivi la récente baisse du brut. Il a indiqué qu'il ordonnerait au ministère de la Justice d'examiner cette question. Le diesel a quant à lui perdu un cent, à 5 dollars le gallon, en hausse de 33 % depuis le début de la guerre.

Les économistes rappellent que les prix à la pompe n'évoluent pas en temps réel avec ceux du pétrole brut, accusant généralement un décalage de quelques jours.

Cette nouvelle séance de volatilité illustre l'incertitude croissante qui entoure la valorisation des entreprises technologiques, en particulier celles positionnées sur l'intelligence artificielle. Après une ascension spectaculaire, les investisseurs s'interrogent sur la capacité du secteur à maintenir un tel rythme de croissance, et sur le retour sur investissement des dépenses massives consacrées à l'IA.