Les marchés d'actions asiatiques ont subi une nouvelle déroute vendredi, entraînés par les plus grandes capitalisations technologiques de la région, dans un climat d'incertitude persistante quant à la pérennité de l'essor de l'intelligence artificielle (IA). L'indice KOSPI, baromètre de la Bourse de Séoul, a plongé de 8 %, effaçant une partie des gains accumulés depuis le début de l'année précédente.
La chute a été sévère pour les deux géants sud-coréens des semi-conducteurs. Samsung Electronics a vu son titre reculer de 9 %, tandis que SK Hynix a dévissé de 10 %. L'indice KOSPI, dont la direction est largement dictée par ces deux valeurs, est devenu un indicateur de l'appétit des investisseurs pour le secteur de l'IA. Cette séance vient clore une semaine chaotique pour la Corée du Sud, durant laquelle l'indice avait déjà perdu 10 % en une seule journée lundi, avant de connaître des fluctuations violentes, avec des retournements de tendance en cours de séance.
La volatilité gagne le Japon et Taïwan
Le phénomène ne s'est pas limité à la Corée du Sud. Au Japon, l'indice Nikkei 225 a reculé de près de 5 %. À Taïwan, l'indice de référence a cédé 3 %. Les places de Hong Kong et de la Chine continentale ont également terminé dans le rouge. Dans une note de recherche publiée en début de semaine, Morgan Stanley estimait que la forte progression du KOSPI avait attiré une vague d'investisseurs particuliers, ce qui a accru la liquidité du marché mais aussi sa volatilité.
L'onde de choc se propage aux États-Unis
L'onde de choc a également touché les marchés à terme américains. Alors que les contrats à terme sur l'indice S&P 500 laissaient entrevoir une légère hausse à l'ouverture de Wall Street, l'aggravation des pertes en Asie a inversé la tendance. Les futures sur le S&P 500 ont fini par céder 0,7 %, signe d'un changement de sentiment des investisseurs.
Le pétrole recule malgré les tensions géopolitiques
Sur le front des matières premières, le prix du baril de pétrole a également souffert. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a perdu près de 2 %, pour s'établir à environ 74 dollars pour livraison en septembre, contrat le plus actif. Le brut léger américain (West Texas Intermediate) a suivi la même trajectoire, abandonnant 2 % pour se négocier autour de 70 dollars le baril. Ces baisses annulent en partie les gains enregistrés jeudi, lorsque les prix avaient bondi après qu'un navire a été touché par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, perturbant le trafic maritime.
L'essence marque une accalmie
Aux États-Unis, le prix moyen du gallon d'essence ordinaire a reculé d'un cent jeudi, pour s'établir à 3,92 dollars, selon l'automobile club AAA. Ce repli intervient après une hausse de plus de 30 % depuis le début du conflit au Proche-Orient. Le prix du diesel a également légèrement diminué, à 4,96 dollars le gallon, en hausse de 32 % depuis le début des hostilités. Les prix à la pompe ne suivent pas instantanément les fluctuations du brut, mais présentent généralement un décalage de quelques jours.