L'enquête sur la mort d'Anastasiia Berezovska, l'Ukrainienne de 39 ans soupçonnée d'avoir tenté d'assassiner un oligarque à Monaco à l'aide d'un explosif, connaît un rebondissement majeur. Lors d'une audience tenue jeudi 9 juillet devant un tribunal ukrainien, deux hommes, Vladyslav Reut et Vitalii Zhykovych, ont reconnu avoir participé à son exécution par balles, le 3 juillet, dans une forêt située à une soixantaine de kilomètres de Kiev, près de la localité de Yuriv.

Des profils liés au renseignement

Les deux suspects occupent ou ont occupé des fonctions au sein des services de renseignement ukrainiens. Vladyslav Reut est présenté comme un agent de la direction générale du renseignement du ministère de la Défense, tandis que Vitalii Zhykovych est un ancien agent du service de sécurité d'Ukraine (SBU). Ils sont accusés d'avoir commandité et exécuté l'assassinat de la jeune femme, qui faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol.

Un guet-apens soigneusement organisé

D'après les éléments révélés lors de l'audience, les deux hommes auraient pris contact avec Anastasiia Berezovska dès son arrivée en Ukraine. Ils lui auraient versé de l'argent et des cryptomonnaies pour l'aider à se cacher. Le 3 juillet, ils lui ont donné rendez-vous dans un café. La suspecte, qui avait déjoué les premiers soupçons en se déguisant en homme pour ne pas être reconnue, a été récupérée à bord d'une BMW.

Selon les déclarations de Vladyslav Reut devant le tribunal, le plan initial n'était pas de la tuer. Son complice, Vitalii Zhykovych, lui aurait demandé de l'aider à mettre la femme en sécurité. Cependant, durant le trajet, Zhykovych aurait pointé une arme sur la tempe de la passagère. Reut aurait tenté de le dissuader de passer à l'acte, en vain.

L'exécution et la dissimulation

Le véhicule s'est arrêté dans une zone boisée non loin de Yuriv. Selon le récit de Vladyslav Reut, « Zhykovych a tiré le premier coup de feu ». Après qu'Anastasiia Berezovska se soit effondrée, « il s'est approché et a tiré un autre coup », a-t-il précisé. Au total, quatre balles auraient été tirées. Reut a ensuite creusé une tombe pour enterrer le corps. Avant cela, les deux hommes ont veillé à dépouiller la victime de ses effets personnels, qu'ils ont jetés dans un lac.

La piste d'une manipulation ukrainienne écartée

Les enquêteurs monégasques, qui s'interrogeaient sur une possible manipulation orchestrée par les services ukrainiens, ont écarté cette hypothèse ces derniers jours, estimant que l'attentat de Monaco relevait d'une affaire criminelle privée. Les nouvelles révélations sur le profil des assassins présumés pourraient toutefois relancer les interrogations sur les liens entre la suspecte et les milieux du renseignement ukrainien.