Révélations judiciaires en Ukraine
La justice ukrainienne a mis au jour des éléments accablants dans l'affaire de la mort d'Anastasiia Berezovska, la femme de 39 ans soupçonnée d'avoir provoqué une explosion dans un immeuble résidentiel de Monaco au début du mois de juillet. Le jeudi 9 juillet, une audience s'est tenue à Kiev au cours de laquelle deux individus, Vladyslav Reut et Vitalii Zhykovych, ont reconnu avoir assassiné la suspecte par balles.
Selon les informations diffusées par les autorités judiciaires ukrainiennes, Vladyslav Reut est un agent en activité de la direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien, tandis que Vitalii Zhykovych est un ancien officier du Service de sécurité d'Ukraine (SBU). Les deux hommes sont désormais accusés d'avoir commandité et exécuté le meurtre de Berezovska.
Le récit du meurtre
Lors de l'audience, Vladyslav Reut a déclaré que le plan initial n'était pas de tuer Berezovska, mais plutôt de l'aider à se cacher. Il a affirmé que Vitalii Zhykovych lui avait demandé son assistance pour mettre la femme en sécurité. Berezovska, qui faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol, avait pris soin de se déguiser en homme pour paraître méconnaissable. Les deux suspects l'avaient récupérée dans un café, avant de prendre la route à bord d'une BMW.
Le trajet a dévié de son objectif premier. Vitalii Zhykovych aurait pointé une arme sur la tempe de la suspecte. Malgré les protestations de Vladyslav Reut, qui plaidait pour respecter le plan d'origine, le convoi s'est arrêté dans une forêt près de la localité de Yuriv, à environ 60 kilomètres de Kiev. C'est là que Vitalii Zhykovych a ouvert le feu. Berezovska s'est effondrée après un premier tir, puis son assaillant s'est approché et a tiré à plusieurs reprises. Au total, quatre coups de feu ont été dénombrés.
Dissimulation du corps
Après le meurtre, Vladyslav Reut a creusé une fosse pour enterrer la dépouille. Les deux hommes ont par ailleurs pris soin de dépouiller la victime de ses effets personnels, qu'ils ont jetés dans un lac voisin afin d'effacer les traces.
Un revirement dans l'enquête
Ces aveux constituent un tournant majeur dans l'enquête. Jusqu'à présent, les enquêteurs monégasques et ukrainiens privilégiaient l'hypothèse d'une manipulation orchestrée par des services étrangers, mais cette piste avait été officiellement écartée dans les jours précédant l'audience. La confession des deux agents du renseignement ukrainien relance cependant fortement cette thèse, puisqu'elle implique directement des membres des services de sécurité de l'État ukrainien dans l'élimination de la principale suspecte.
Les motivations exactes des deux hommes restent à déterminer. Pourraient-ils avoir agi sur ordre ou de leur propre initiative ? La justice ukrainienne poursuit ses investigations. L'affaire, qui mêle attentat à Monaco, meurtre en Ukraine et implication de services secrets, suscite une vive attention au niveau international.