La saison des feux de forêt prend une ampleur exceptionnelle au Canada. Selon les autorités fédérales, près de 900 incendies sont actifs sur le territoire, et plus de 200 d’entre eux demeurent hors de contrôle. Les surfaces consumées atteignent désormais 2,7 millions d’hectares – une superficie comparable à celle de la Bretagne –, un chiffre qui a presque doublé en une semaine. Début juillet, moins de 1,6 million d’hectares avaient été brûlés.

L’Ontario en première ligne

C’est dans l’Ontario, province la plus peuplée du pays, que la situation est jugée la plus critique. Plusieurs localités ont été évacuées, et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des membres des Premières Nations contraints de quitter leurs villages en urgence, parfois par bateau, sous un ciel jauni par les fumées. Des employés de la compagnie ferroviaire nationale ont même été pris au piège par les flammes.

Les conséquences se font sentir jusque dans les grandes villes. Toronto, la métropole ontarienne, a vu la qualité de son air se dégrader de manière spectaculaire. Selon les relevés d’un observatoire international, la ville a temporairement occupé la première place du classement des métropoles les plus polluées au monde, avant de se stabiliser au cinquième rang. Les services météorologiques ont exhorté la population à limiter ses sorties et à annuler toute activité extérieure, jugeant que « la santé de chacun est à risque ».

Des fumées qui traversent la frontière

Le nuage de fumée ne s’arrête pas à la frontière américaine. La qualité de l’air s’est dégradée dans l’est des États-Unis, en particulier à Chicago, Détroit, Washington et New York. Dans les deux premières villes, l’indice de pollution a été qualifié de « dangereux » par les organismes de surveillance, tandis qu’il était classé « malsain » dans la capitale fédérale et la métropole new-yorkaise.

Une saison qui pourrait battre des records

Sans atteindre le niveau catastrophique de 2023, où 18 millions d’hectares étaient partis en fumée, la saison 2026 s’annonce néanmoins comme l’une des plus intenses jamais enregistrées. Les autorités redoutent que les prochaines semaines aggravent encore le bilan, alors que les conditions climatiques restent favorables à la propagation des flammes.

Une transformation durable de la forêt boréale

Au-delà des dégâts immédiats, les feux à répétition modifient en profondeur l’écosystème de la forêt boréale canadienne. Les scientifiques observent une transformation du couvert forestier, avec des espèces remplacées par d’autres, mieux adaptées à un régime de feux plus fréquents. Cette évolution pourrait avoir des répercussions sur la biodiversité, le stockage du carbone et le climat à l’échelle continentale.

Une menace pour la finale du Mondial

À l’approche de la finale de la Coupe du monde de football, prévue dimanche, les fumées des incendies canadiens suscitent l’inquiétude des organisateurs. La question de la tenue de l’événement en extérieur se pose, les nuages de particules fines pouvant représenter un risque sanitaire pour les joueurs et les spectateurs. Aucune décision définitive n’a encore été annoncée par les autorités sportives.