La situation des incendies de forêt au Canada prend une ampleur historique. Alors que la saison n'est pas terminée, le pays fait face à une vague de feux sans précédent, qualifiée par le Premier ministre Mark Carney de « l'une des plus intenses de l'histoire du Canada ». Près de 1 000 foyers sont actuellement actifs sur l'ensemble du territoire, mobilisant d'importants moyens de lutte.
Selon les données du Système canadien d'information sur les feux de végétation, plus de 3 millions d'hectares ont déjà été ravagés par les flammes depuis le début de l'année. Bien que ce chiffre soit inférieur aux 5,1 millions d'hectares brûlés à la même période en 2025 et au record de 2023 (plus de 10 millions d'hectares mi-juillet), la rapidité de propagation et le nombre de nouveaux incendies inquiètent les autorités.
Plus de 360 nouveaux feux en une semaine
En seulement sept jours, 361 nouveaux incendies ont été signalés, dont 52 au cours des dernières 24 heures. Sur les 940 feux recensés depuis le début de l'année, seuls 129 ont été maîtrisés. Les services de sécurité estiment que 756 foyers restent non maîtrisés, tandis que 55 sont considérés comme contenus. Dix des treize provinces et territoires sont touchés, seuls le Nunavut et l'Île-du-Prince-Édouard étant épargnés.
Les Territoires du Nord-Ouest concentrent le plus grand nombre d'incendies (206), mais c'est l'Ontario, province la plus peuplée avec les villes d'Ottawa et Toronto, qui suscite le plus d'inquiétude. La superficie brûlée y dépasse déjà celle de l'ensemble des feux de 2025. La fumée dense se déplace vers le sud, asphyxiant la métropole torontoise et atteignant New York, aux États-Unis.
Plus de 5 000 pompiers mobilisés
Face à cette catastrophe, les autorités canadiennes ont déployé des moyens considérables : plus de 5 000 pompiers luttent sur le terrain, épaulés par près de 300 avions. Le gouvernement fédéral a réitéré son soutien aux provinces sinistrées, tandis que des renforts internationaux commencent à arriver. La population est invitée à limiter ses déplacements et à se protéger de la fumée toxique.
Tensions avec les États-Unis
Cette crise environnementale a également des répercussions politiques. Le président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises la gestion canadienne des feux. Samedi, il a dénoncé « l'air sale, pollué et dangereux pour la santé » qui envahit les États-Unis. Dimanche soir, lors de la finale de la Coupe du monde de football, il a renouvelé ses reproches, déclarant entretenir de bonnes relations avec Mark Carney (présent à la finale) mais exigeant qu'Ottawa agisse. Il avait auparavant menacé d'imposer de nouveaux droits de douane au Canada en lien avec ces incendies.
Un défi climatique persistant
Les feux de forêt canadiens sont devenus un phénomène récurrent et aggravé par les changements climatiques. Les saisons 2023, 2025 et maintenant 2026 illustrent une tendance à la hausse de l'intensité et de la durée des incendies. Les autorités rappellent que la prévention et les moyens de lutte doivent être renforcés pour faire face à cette nouvelle réalité. En attendant, les Canadiens et leurs voisins américains subissent les conséquences directes de cette catastrophe écologique.