Les coupes budgétaires dans le secteur culturel continuent de susciter une vive opposition. Alors que plusieurs organisations avaient déjà alerté le président de la République sur un « risque sans précédent », c'est désormais au cœur du Festival d'Avignon que la contestation s'organise. Lundi 8 juillet, une assemblée générale des professionnels du spectacle s'est tenue dans la cité des papes, réunissant artistes, techniciens, producteurs et directeurs de lieux culturels.

À l'issue de cette réunion, les participants ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils qualifient de situation critique pour le secteur. Les réductions budgétaires annoncées, qualifiées de « drastiques » dans les précédentes protestations, menacent directement la programmation des festivals, le soutien aux compagnies et l'emploi dans le spectacle vivant. Plusieurs intervenants ont souligné que ces mesures risquent de fragiliser un écosystème déjà éprouvé par les crises récentes.

Les professionnels présents ont également fait part de leur intention de ne pas en rester là. Des actions concrètes sont en cours de préparation pour les semaines à venir, sans que leur nature précise n'ait été dévoilée. L'objectif est de faire pression sur le gouvernement pour obtenir un revirement de sa politique budgétaire envers la culture. Le Festival d'Avignon, rendez-vous majeur du théâtre et des arts vivants, constitue une tribune particulièrement symbolique pour porter ces revendications.

Cette mobilisation intervient alors que le secteur culturel dans son ensemble redoute une année 2027 marquée par des restrictions financières supplémentaires. Les organisations professionnelles avaient déjà adressé un courrier au chef de l'État pour dénoncer une situation sans précédent. La tenue de cette assemblée générale en marge du festival montre que la contestation monte en puissance et s'étend à l'ensemble de la filière.

Les discussions ont également porté sur la nécessité de maintenir le dialogue avec les pouvoirs publics, tout en préparant des actions de protestation si les annonces budgétaires n'étaient pas modifiées. Plusieurs participants ont insisté sur l'importance de préserver la diversité culturelle et l'accès aux œuvres pour tous les publics.

En attendant une réponse de l'exécutif, les professionnels du spectacle entendent faire du Festival d'Avignon un point de départ pour une mobilisation durable. La prochaine étape pourrait être une action d'envergure nationale, coordonnée entre différentes structures culturelles. Le monde de la culture, uni, espère ainsi infléchir une politique jugée défavorable à la création.