Une figure de la contre-culture télévisuelle

Louise Lasser, dont l’interprétation de Mary Hartman dans la série éponyme avait marqué les esprits, est morte lundi à l’âge de 87 ans. Le décès est survenu à son domicile de Manhattan, a confirmé son amie Susan Charlotte. Née le 11 avril 1939 à Manhattan, elle était la fille unique de Sol Jay Lasser, expert-comptable et auteur, et de Paula Eisenreich Lasser, designer. Elle a grandi dans le Bronx et a fréquenté la prestigieuse école privée Fieldston avant d’entamer des études de science politique à l’université Brandeis, où elle participait déjà à des spectacles montés par des camarades.

Des débuts chez Woody Allen

Son parcours professionnel a débuté sur les planches : elle abandonne sa dernière année d’université pour suivre les cours de théâtre de Sanford Meisner. C’est dans les comédies de Woody Allen, qu’elle épousera puis dont elle divorcera, qu’elle fait ses premiers pas au cinéma. Mais le grand public la découvre véritablement avec « Mary Hartman, Mary Hartman », feuilleton satirique imaginé par Norman Lear. Diffusée du lundi au vendredi à 23 heures sur des chaînes locales, la série parodiait les soap-opéras de l’époque tout en abordant des thèmes sombres avec un ton décalé.

Le personnage d’une époque

Mary Hartman, cette femme au foyer de l’Ohio arborant nattes et robes à smocks, obsédée par les résidus jaunâtres de cire sur son sol de cuisine, subissait les avanies d’un mari ouvrier impuissant. « C’est une survivante », déclarait Louise Lasser en 1976 à propos de son personnage malmené. « Mais cela m’attriste, car elle survit dans un monde dont je me demande s’il vaut la peine d’être vécu. » La série ne dura qu’un an et demi, de janvier 1976 à juillet 1977, mais totalisa 325 épisodes. L’actrice, à la fois névrosée et juvénile, fit la couverture de plusieurs magazines grand public, dont People, Newsweek, Ms. et Rolling Stone. Dans l’intrigue, son personnage finissait par sombrer dans une dépression nerveuse.

Un héritage durable

Louise Lasser laisse le souvenir d’une comédienne au jeu singulier, capable de mêler humour absurde et émotion brute. Sa contribution au petit écran, par le biais d’une œuvre devenue culte, continue d’influencer les récits télévisuels qui brouillent les frontières entre drame et comédie.