Discours offensif de Pékin

Le chef du gouvernement chinois, Li Qiang, a prononcé un discours virulent lors de l’ouverture du « Davos d’été », qui se tient cette année à Dalian, ville portuaire du nord-est du pays. Devant quelque 1 800 participants, il a dénoncé la montée des « risques géopopolitiques » et la « volatilité croissante » qu’il attribue aux choix de l’administration Trump, sans la citer directement. Il a également fait allusion aux « mers contestées », une référence implicite aux tensions en Iran, selon des observateurs. Ce ton très offensif intervient après les conclusions du G7 et du sommet des chefs d’État européens à Bruxelles, où les partenaires occidentaux ont affirmé vouloir réduire leur dépendance vis-à-vis de Pékin, notamment dans le secteur des terres rares.

Un contexte de rivalités commerciales

La prise de parole de Li Qiang intervient alors que les relations économiques sino-européennes sont tendues. Le ministre chinois du Commerce doit se rendre à Bruxelles la semaine suivante pour des discussions qui s’annoncent difficiles. Plusieurs dossiers empoisonnent les échanges : les surcapacités industrielles chinoises, les subventions aux entreprises publiques ou encore les restrictions d’accès au marché chinois. Les Européens, de leur côté, multiplient les mécanismes de défense commerciale, tandis que Washington a renforcé ses restrictions technologiques à l’encontre de la Chine.

Célébration de l’innovation chinoise

Dans son allocution, le Premier ministre chinois a également vanté la puissance d’innovation de son pays, présentant la Chine comme un moteur de la croissance mondiale. Il a mis en avant les progrès dans les technologies vertes, le numérique et l’intelligence artificielle, tout en appelant à une coopération internationale « ouverte et inclusive », une formule souvent utilisée par Pékin pour critiquer les politiques protectionnistes occidentales. Cette rhétorique vise à rassurer les investisseurs étrangers, alors que la confiance dans l’économie chinoise est ébranlée par une croissance atone et des tensions géopolitiques.

Les participants et les enjeux

Le forum de Dalian rassemble des dirigeants politiques, des chefs d’entreprise et des experts du monde entier. Il est organisé par le Forum économique mondial, dont le siège est à Genève. L’édition 2026 se déroule dans un climat particulièrement tendu, marqué par la guerre commerciale sino-américaine et les crispations entre Pékin et Bruxelles. Plusieurs sessions sont consacrées aux chaînes d’approvisionnement, à la décarbonation et à la régulation des technologies émergentes. Les participants européens et américains présents à Dalian ont exprimé, en marge des séances plénières, leur inquiétude face à la stratégie chinoise de conquête de marchés jugée agressive.

Des discussions bilatérales en parallèle

Des rencontres bilatérales ont eu lieu en coulisses, notamment entre des représentants chinois et des délégations européennes. Si aucun accord majeur n’a été annoncé, ces échanges doivent préparer le terrain pour la visite du ministre du Commerce à Bruxelles. La Chine cherche à éviter une escalade des droits de douane et des sanctions, alors que l’Union européenne examine l’opportunité de taxer les véhicules électriques chinois, soupçonnés de bénéficier de subventions publiques massives. Pékin, de son côté, menace de riposter en ciblant des produits européens, notamment le cognac et les produits laitiers.