La police kenyane a interpellé au moins 355 personnes ce jeudi à travers le pays, alors que des manifestants commémoraient le deuxième anniversaire des rassemblements anti-gouvernementaux de 2024, marqués par des violences meurtrières. Les forces de sécurité ont bloqué les axes routiers de la capitale Nairobi et utilisé des canons à eau pour empêcher les attroupements.

Le ministre de l'Intérieur, Kipchumba Murkomen, a confirmé le bilan des arrestations devant la presse, qualifiant les personnes appréhendées de « criminels ». Il a présenté des excuses pour les désagréments causés par les barricades et autres mesures de sécurité, tout en justifiant leur efficacité pour « sécuriser la ville et d'autres parties du pays ».

Tirs de gaz lacrymogènes et commerces fermés

À Nairobi, des témoins ont rapporté que des policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des citoyens qui tentaient de se rassembler pacifiquement devant un commissariat, après que six personnes eurent été arrêtées alors qu'elles déposaient des fleurs près du Parlement. La plupart des commerces et restaurants du centre-ville sont restés portes closes, et des camions-citernes d'eau ont été disposés en travers des routes.

La Commission nationale des droits de l'homme du Kenya avait indiqué que les organisateurs prévoyaient de marquer le deuxième anniversaire des manifestations de 2024, au cours desquelles des manifestants avaient forcé l'entrée du Parlement. Le bilan officiel de ces affrontements, qui avaient secoué le pays en juin 2024, fait état d'au moins 60 morts.

Contexte de tensions persistantes

Cette vague d'arrestations survient alors que le Kenya connaît une série de contestations ces dernières semaines, menées tant par des opposants politiques que par des syndicats de transport protestant contre la hausse des prix du carburant. Le gouvernement, qui redoute une répétition des événements de 2024, a déployé un dispositif sécuritaire massif dans la capitale.

L'ambiance reste lourde depuis les émeutes de 2024, qui avaient éclaté en réaction à un projet de loi de finances augmentant les impôts. Les familles des victimes continuent de réclamer justice et la tenue d'une enquête indépendante sur les actions des forces de l'ordre à l'époque.

Les autorités affirment que les mesures prises ce jeudi visent à protéger les citoyens et éviter de nouveaux débordements, tandis que les organisations de défense des droits dénoncent une répression disproportionnée et appellent au respect du droit de manifester pacifiquement.