La cour d'assises de Paris a poursuivi l'examen de l'affaire du féminicide des Buttes-Chaumont, en se penchant ce lundi sur la dynamique conjugale ayant précédé le passage à l'acte. Lakhdar M., jugé pour le meurtre et le démembrement de sa femme, a vu son rôle au sein du couple longuement interrogé par les magistrats et les experts.
D'après les témoignages recueillis, l'accusé se présentait comme « celui qui s'occupait de tout » dans le foyer. Cette emprise, décrite par l'entourage comme totale, aurait progressivement réduit la victime à une position subordonnée. Les proches ont évoqué une « vie de couple dégradée », marquée par des humiliations répétées et un contrôle financier strict. La femme, âgée d'une quarantaine d'années, n'aurait eu que peu d'autonomie dans les décisions quotidiennes.
Des tensions croissantes avant le drame
Plusieurs éléments ont été rapportés pour illustrer la détérioration de la relation. Les disputes seraient devenues plus fréquentes et plus violentes dans les semaines ayant précédé la mort de la victime. L'accusé, âgé de 52 ans, aurait notamment interdit à son épouse de travailler ou de sortir seule. Un voisin a confié aux enquêteurs avoir entendu des cris et des bruits de chute à plusieurs reprises.
Lors de son interrogatoire, Lakhdar M. a nié toute forme de violence antérieure, tout en reconnaissant avoir eu des « caractères forts » avec sa compagne. Il a affirmé que leur union était « normale » et que les tensions étaient banales. Mais les conclusions des expertises psychologiques, lues à l'audience, dressent un portrait différent : celui d'un homme « possessif et colérique », incapable de gérer la frustration.
Le parcours de la victime
La défense a tenté de relativiser ces constats en soulignant que la femme de l'accusé n'avait jamais déposé plainte pour violences conjugales. Aucun antécédent judiciaire n'existait dans le couple. Toutefois, l'accusation a rappelé que les violences psychologiques et l'isolement sont souvent invisibles aux yeux des institutions.
Les débats doivent se poursuivre toute la semaine, avec l'audition des experts légistes et des proches. Lakhdar M. encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Il est reproché à cet homme d'avoir étranglé son épouse, puis découpé son corps avant d'en disperser les restes dans le parc des Buttes-Chaumont, à Paris, en juillet 2024.
Un procès sous haute surveillance
Le parquet a requis une attention particulière sur le volet psychologique de l'affaire. Des associations féministes, présentes dans la salle, ont appelé à ne pas « banaliser l'emprise ». La cour devrait rendre son verdict d'ici la fin du mois.