Le procès de Lakhdar M., cet homme de 46 ans accusé d’avoir tué sa femme Assia avant de découper et disséminer son corps dans le nord‑est de Paris, s’est ouvert ce lundi 6 juillet devant la cour d’assises de Paris. Pendant cinq jours, les jurés devront se pencher sur l’un des féminicides les plus sordides commis dans la capitale ces dernières années.

Le corps de la victime, âgée de 46 ans, avait été retrouvé en plusieurs morceaux dans le parc des Buttes-Chaumont par des employés municipaux le 16 février 2023. Son mari l’avait signalée disparue deux semaines plus tôt, le 3 février. Rapidement, les enquêteurs avaient concentré leurs soupçons sur lui grâce à l’exploitation de la vidéosurveillance, qui le montrait se rendre du domicile familial de Montreuil jusqu’au parc, en passant par un magasin de bricolage où il avait acheté une meuleuse.

Placé en garde à vue, Lakhdar M. avait fini par reconnaître les faits et avait conduit les policiers vers une friche industrielle à Bobigny où il avait entreposé, dans des sacs‑poubelle derrière un muret, les restes du corps qui n’avaient pas encore été découverts. Devant les enquêteurs, il a toujours soutenu qu’il s’agissait d’un accident, survenu lors d’une dispute à propos des difficultés financières du couple, aggravées par une dette fiscale consécutive à la faillite de son entreprise. Il a affirmé avoir étranglé Assia pour « la faire taire, vu qu’elle criait », mais sans intention de la tuer ni de lui faire du mal.

Des autopsies qui contredisent la thèse accidentelle

Plusieurs expertises médicales ont toutefois mis à mal cette version. Les autopsies ont révélé de nombreuses ecchymoses et hématomes sur différentes parties du corps, que le médecin légiste a datés d’avant le décès et attribués à des chocs et des coups portés majoritairement entre quelques minutes et quelques heures avant la mort. L’instruction a établi qu’Assia avait été tuée par étranglement après avoir subi de nombreuses violences, puis découpée de manière méthodique.

L’avocate de plusieurs membres de la famille de la victime, Me Pauline Rongier, avait jugé « grotesque » la thèse accidentelle avancée par l’accusé lors de la mise en accusation intervenue il y a un an, au terme de l’instruction. « L’instruction a permis d’établir qu’Assia avait été tuée par étranglement, après avoir subi de nombreuses violences, et avant d’être découpée méthodiquement », avait‑elle alors déclaré.

Le contexte conjugal et financier sera au cœur des débats. Plusieurs proches du couple avaient évoqué de sérieuses difficultés financières, source de tensions. L’accusé, né en Algérie et installé en France depuis 2002, était employé dans un supermarché mais se trouvait en arrêt maladie au moment des faits.

La cour devra également statuer sur la qualification des faits : meurtre aggravé par la préméditation et par la qualité de conjoint, ce qui expose Lakhdar M. à la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu à l’issue de ces cinq jours de procès.