Le procès d’un féminicide qui avait marqué les esprits s’est ouvert ce lundi 5 juillet 2026 devant la cour d’assises de Paris. Lakhdar M., âgé de 53 ans, comparaît pour le meurtre de son épouse Assia, dont les restes avaient été retrouvés en février 2023 dans le parc des Buttes-Chaumont, à Paris. L’accusé, décrit comme un « homme ordinaire » par son entourage, a reconnu avoir étranglé sa femme lors d’une dispute, avant de la démembrer et de disperser ses membres le long de la voie ferrée de la Petite Ceinture.
Les faits et la découverte macabre
Le 13 février 2023, des élagueurs de la ville de Paris découvrent le bassin d’une femme dans une benne à déchets verts, dans le 19e arrondissement. Le lendemain, les policiers retrouvent les autres parties du corps le long de la voie ferrée de la Petite Ceinture, en contrebas du parc des Buttes-Chaumont. La victime est rapidement identifiée comme étant Assia, une femme de 43 ans, disparue depuis une dizaine de jours. Son mari, Lakhdar M., est interpellé et placé en garde à vue. Il reconnaît rapidement les faits, expliquant avoir « paniqué » après une dispute conjugale liée à des problèmes d’argent.
Les déclarations de l’accusé
Entendu par les enquêteurs, Lakhdar M. a livré sa version des événements. Il affirme que le couple se disputait au domicile conjugal lorsque la situation a dégénéré. « Je voulais qu’elle se taise », a-t-il déclaré, selon des sources proches de l’enquête. Il assure n’avoir pas eu l’intention de donner la mort, mais d’avoir agi sous le coup de la panique. Après avoir étranglé son épouse, il aurait démembré le corps à l’aide d’une scie, avant de transporter les morceaux dans le parc des Buttes-Chaumont et de les jeter dans des bennes et le long de la voie ferrée. Il conteste fermement toute préméditation.
Des éléments qui contredisent sa défense
Plusieurs éléments de l’enquête viennent contredire la version de l’accusé. Les expertises médico-légales ont révélé que la victime présentait de nombreuses traces de coups, antérieures au décès, suggérant des violences conjugales répétées. Par ailleurs, des témoins ont rapporté que Lakhdar M. avait tenté de maquiller son crime en signalant faussement la disparition de son épouse plusieurs jours après les faits. L’accusé avait également nettoyé l’appartement avec soin, cherchant à effacer les traces du meurtre. La préméditation est au cœur des débats : la cour devra déterminer si l’acte était intentionnel ou s’il résulte d’un geste impulsif.
Un procès sous haute tension
Le procès, prévu pour durer plusieurs jours, a attiré une foule nombreuse et des associations de défense des droits des femmes. La famille de la victime, présente, réclame justice et souhaite que la qualification de meurtre par conjoint soit retenue, ce qui entraînerait une peine plus lourde. L’avocat de la défense plaide pour une requalification en violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, soulignant le profil « sans antécédents violents » de son client et son état de « panique » au moment du drame. La cour d’assises de Paris devrait rendre son verdict d’ici la fin de la semaine.