Le bilan humain des deux séismes qui ont frappé le Venezuela la semaine dernière ne cesse de s'alourdir. Lundi, les autorités ont fait état de plus de 1 700 morts, un chiffre en forte hausse qui témoigne de l'ampleur de la catastrophe. Alors que les opérations de secours se poursuivent, les miracles deviennent de plus en plus rares, et la frustration gagne les sinistrés.
Dans les zones les plus touchées, les habitants dénoncent un manque d'assistance gouvernementale. Les images de bâtiments effondrés et de familles sans abri alimentent un sentiment d'abandon. De nombreuses personnes estiment que la présidente Delcy Rodríguez n'a pas réagi avec la célérité nécessaire face à l'urgence.
L'opposition dénonce une politisation de l'aide
Les partis d'opposition ont rapidement dénoncé une instrumentalisation de l'aide humanitaire. Selon eux, le gouvernement conditionnerait la distribution des secours à des considérations politiques, privilégiant les zones considérées comme acquises au pouvoir et négligeant les territoires tenus par l'opposition. Ces accusations, déjà formulées dans les jours précédents, prennent une acuité nouvelle alors que le nombre de sinistrés explose.
Un porte-parole de l'opposition a déclaré que « l'urgence humanitaire ne devrait pas être détournée à des fins partisanes. Des vies sont en jeu, et chaque minute compte ». Ces propos font écho à un sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux et dans les rues.
Le gouvernement appelle à l'unité nationale
Face à ces critiques, l'exécutif maintient sa ligne : la priorité est à la solidarité nationale. Dans une série de messages officiels, la présidente Rodríguez a appelé « tous les Vénézuéliens, quelles que soient leurs opinions politiques, à s'unir pour surmonter cette épreuve ». Les autorités insistent sur la nécessité de faire front commun contre la catastrophe naturelle, tout en rejetant les accusations de partialité.
Des équipes de secours ont été dépêchées dans les régions sinistrées, mais les moyens restent limités en raison de la situation économique du pays. La présidente a également remercié les États voisins et la communauté internationale pour leur offre d'aide, tout en réaffirmant que le Venezuela est capable de gérer la crise par lui-même.
Un contexte déjà fragile
Les séismes jumeaux, survenus à quelques jours d'intervalle, ont frappé des zones densément peuplées, principalement dans le nord du pays. Les infrastructures, déjà affaiblies par des années de crise économique et de manque d'entretien, n'ont pas résisté à la secousse. Les hôpitaux, débordés, peinent à prendre en charge les blessés, tandis que les réseaux d'eau et d'électricité sont endommagés.
La montée de la colère populaire constitue un défi de taille pour le gouvernement. Alors que la présidente Rodríguez fait face à des critiques de plus en plus vives, l'unité nationale prônée par le pouvoir semble fragile. Les prochains jours seront décisifs pour l'acheminement de l'aide et la reconstruction.