Des avoirs toujours bloqués

À ce jour, aucun des avoirs iraniens placés sous le coup des sanctions américaines n’a été dégelé. Si des discussions ont abouti à la signature d’un protocole d’accord entre les deux pays, la levée des mesures de gel financier ne fait pas encore partie des mesures effectives. Les sommes concernées, qui pourraient représenter entre 100 et 150 milliards de dollars selon des estimations, sont toujours immobilisées dans divers pays.

Un protocole signé, des négociations à venir

Le président américain Donald Trump, son vice-président J. D. Vance et le négociateur iranien Mohammad Ghalibaf – président du Parlement iranien – ont apposé leur signature sur un protocole d’accord, a révélé un haut responsable américain le lundi 15 juin. Ce texte doit être ratifié par les deux parties lors d’une cérémonie prévue à Genève le vendredi 19 juin. Une fois la ratification effectuée, « les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif », a précisé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Le contexte régional

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, s’exprimant en marge de l’ouverture du G7 à Évian, a souligné qu’« un cessez-le-feu robuste et durable est indispensable » au Liban. Cette déclaration intervient alors que l’armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pour l’heure pas commenté l’annonce de l’accord américano-iranien. En revanche, plusieurs membres de son gouvernement ont vivement critiqué toute perspective de paix régionale. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a notamment affirmé qu’« Israël ne se retirera pas des zones de sécurité au Liban ».

Des enjeux économiques majeurs

Le déblocage des avoirs iraniens constitue l’une des conditions posées par Téhéran pour consentir à un accord de paix au Moyen-Orient. Ces fonds, gelés depuis des années en raison des sanctions américaines, sont perçus par l’Iran comme un levier essentiel pour relancer une économie durement touchée par les restrictions internationales. Si la signature du protocole ouvre une fenêtre diplomatique, la libération effective des sommes reste subordonnée aux futures négociations qui doivent s’ouvrir dans les deux mois suivant la ratification genevoise.