Après avoir conquis des millions d’internautes avec ses courts-métrages angoissants, Kane Parsons franchit le cap du cinéma. Son premier long-métrage, « Backrooms », adapte la légende virale des « pièces de derrière », ces espaces infinis de bureaux vides et jaunâtres. Le film, salué pour son atmosphère oppressante, prolonge l’univers horrifique qui a fait de son auteur un prodige du genre sur Internet.

Né d’une simple image partagée sur un forum, le mythe des Backrooms a été transformé par Kane Parsons en une série de vidéos YouTube cumulant des centaines de millions de vues. Le long-métrage conserve l’esthétique glauque et la tension psychologique qui ont fait le succès du concepteur. « Backrooms » ne se contente pas de rendre hommage à la culture web : il en propose une extension cinématographique, fidèle à l’esprit de l’œuvre originale.

L’histoire suit un groupe de personnages piégés dans un labyrinthe de couloirs monotones, hantés par des créatures silencieuses. Le réalisateur joue sur l’attente et le hors-champ, évitant les effets chocs faciles. Cette approche a séduit un public habitué aux productions plus spectaculaires, prouvant qu’une esthétique minimaliste peut captiver les foules.

Le succès commercial du film s’inscrit dans une tendance plus large : celle des créateurs de contenu en ligne qui parviennent à s’imposer dans l’industrie cinématographique. Avec « Backrooms », Kane Parsons confirme que les codes de l’horreur sur Internet peuvent trouver un écho dans les salles obscures. Le film a déjà franchi des records d’entrées, démontrant l’attrait d’une génération pour des récits nés en ligne.

La critique souligne la maturité du jeune cinéaste, capable de transformer un mème en une œuvre cohérente et immersive. Certains y voient le signe d’un renouvellement du cinéma d’épouvante, porté par des voix indépendantes et connectées. « Backrooms » ouvre ainsi la voie à d’autres adaptations de phénomènes du web, brouillant un peu plus les frontières entre création amateur et industrie du divertissement.