Le cinéma mondial est secoué par une vague venue d’Internet. Deux films réalisés par des youtubeurs, « Backrooms » de Kane Parsons et « Obsession » de Curry Barker, réalisent des performances inédites en salle, bousculant les codes traditionnels de l’industrie.

Des records réalisés avec des budgets modestes

« Obsession », porté par le youtubeur américain Curry Barker, âgé de 26 ans, a attiré 553 000 spectateurs en France en trois semaines, dépassant ainsi « The Mandalorian and Grogu », un blockbuster du studio Disney, selon le porte-parole des salles de cinéma français, Marc-Olivier Sebbag. Le film a été produit pour 750 000 dollars, une somme très éloignée des standards hollywoodiens.

De son côté, « Backrooms », réalisé par Kane Parsons, âgé de 20 ans, a généré 135 millions de dollars de recettes aux États-Unis et au Canada au 7 juin 2026. Le long-métrage doit sortir en France le 17 juin. En janvier, un autre film de youtubeur, « Iron Lung » de Markiplier, avait déjà marqué les esprits en dépassant les 50 millions de dollars de recettes pour un budget de 3 millions.

Un modèle économique fondé sur la communauté

Le phénomène repose sur la capacité des créateurs à mobiliser leur audience préexistante. Forts de millions d’abonnés sur YouTube, ces vidéastes transforment leur communauté en public captif, réduisant considérablement les risques de production. Ce modèle permet de financer des projets à moindre coût tout en garantissant une visibilité immédiate.

Aux États-Unis, des studios commencent à s’intéresser à ces talents. Des négociations seraient en cours pour produire des longs-métrages dont les budgets pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars, selon des sources concordantes.

Un retard français qui pourrait se combler

En France, le mouvement reste timide, mais des projets émergent. Plusieurs initiatives, à hauteur de plusieurs millions d’euros, sont en préparation pour accompagner les créateurs hexagonaux souhaitant tenter l’aventure du grand écran. Les acteurs traditionnels du cinéma français observent attentivement cette évolution, qui pourrait redessiner les contours de la production.

Une révolution des circuits de financement

Le succès de ces films confirme une tendance : l’influence en ligne devient un levier économique puissant pour le septième art. Les youtubeurs, longtemps cantonnés à l’écran d’ordinateur, investissent désormais les salles obscures. Cette bascule interroge sur l’avenir des studios traditionnels, contraints de composer avec ces nouveaux concurrents qui maîtrisent déjà les codes du marketing viral.

Si « Backrooms » et « Obsession » incarnent cette vague, d’autres projets sont déjà dans les cartons. La frontière entre contenu en ligne et cinéma s’amincit chaque jour un peu plus, faisant des créateurs numériques les nouveaux acteurs majeurs de l’industrie.