Le gouvernement allemand entre dans la dernière ligne droite de sa campagne pour décrocher un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. L'élection, qui doit se tenir mercredi à l'Assemblée générale, opposera plusieurs pays candidats. Berlin espère renouveler sa présence dans l'instance chargée du maintien de la paix et de la sécurité internationales, dont les décisions, qu'il s'agisse de sanctions, de déploiement de missions de maintien de la paix ou d'autorisation du recours à la force, sont contraignantes pour l'ensemble des États membres.

Les arguments financiers et diplomatiques de Berlin

Le ministère allemand des Affaires étrangères met en avant la contribution financière du pays au système onusien pour légitimer sa candidature. L'Allemagne est le deuxième contributeur de l'organisation, un statut qu'elle juge représentatif de son rôle de partenaire fiable depuis plus de cinquante ans. Le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a estimé que les chances étaient bonnes tout en reconnaissant le caractère compétitif du scrutin : « C'est une compétition, et c'est la démocratie. Nous pouvons gagner comme nous pouvons perdre. Nous avons de bons arguments. Nous sommes engagés dans le monde et dans le système onusien. »

Le diplomate a également souligné l'expérience acquise par l'Allemagne, qui a déjà siégé à six reprises comme membre non permanent du Conseil. Dans une vidéo de campagne intitulée « Plus qu'un siège à la table », Berlin affirme être prêt à siéger pour défendre le respect, la justice et la paix. Le ministère précise vouloir se concentrer sur la prévention des conflits, la résolution des crises et les liens entre climat et sécurité.

Un plaidoyer pour l'ordre international

Dans son argumentaire, le gouvernement allemand insiste sur la défense d'un « ordre international fondé sur des règles » et sur la validité du droit international. Johann Wadephul a déclaré que le système onusien était sous pression mais que la diplomatie restait indispensable pour éviter que la loi du plus fort ne l'emporte. Ce discours, bien que sans mention directe, apparaît comme un contrepoint à l'approche unilatérale de l'administration américaine dirigée par Donald Trump.

Des critiques sur une double standard

Toutefois, la campagne allemande n'est pas exempte de critiques. Johannes Varwick, professeur de relations internationales à l'université Martin-Luther de Halle-Wittenberg, estime que le succès n'est pas garanti. Selon lui, si l'Allemagne a longtemps été perçue comme un moteur des solutions multilatérales, elle fait désormais face à des sujets clivants tels que le conflit entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, la guerre en Iran ou le conflit ukrainien. Il relève que certains accusent Berlin d'appliquer un double standard, notamment en soutenant fermement Israël dans le dossier de Gaza. Pour ce chercheur, l'argument financier pourrait en définitive s'avérer déterminant.

Un contexte électoral incertain

La compétition pour les sièges non permanents, qui sont répartis par groupes régionaux, est ouverte. L'Allemagne doit convaincre une majorité des 193 États membres de l'Assemblée générale. Si son statut de deuxième contributeur et son expérience passée constituent des atouts, les tensions géopolitiques actuelles compliquent la tâche de la diplomatie allemande, qui tente de se positionner comme un médiateur fiable dans un monde de plus en plus fragmenté.