Le fabricant européen de chars d’assaut KNDS, à l’origine des modèles Leopard 2 et Leclerc, s’apprête à faire son entrée en Bourse. L’opération, qui se déroulera simultanément à Paris et à Francfort, est précédée par un mouvement capitalistique majeur : l’État allemand va racheter 40 % du groupe aux familles propriétaires via la holding Wegmann & Co. Cette décision, qui nécessite encore l’aval de la commission budgétaire du Bundestag, vise à rééquilibrer la participation de Berlin par rapport à celle de Paris.

Un actionnariat public paritaire

Jusqu’à présent, la France détenait la moitié du capital de KNDS. Selon des informations concordantes issues de plusieurs sources proches des discussions, Paris réduirait prochainement sa part à 40 %, afin que les deux États se retrouvent à égalité. Les gouvernements ont indiqué, dans une déclaration conjointe, s’être entendus sur « la stratégie et la gouvernance » de l’entreprise et avoir l’intention de maintenir à l’avenir des niveaux de participation équivalents. Les 20 % restants devraient être mis sur le marché dans le cadre de l’introduction en Bourse.

Une valorisation de plusieurs milliards

La participation que s’apprête à acquérir Berlin est estimée à près de six milliards d’euros, sous réserve de la valorisation définitive de la société. Le gouvernement allemand avait manifesté son souhait de parvenir à une détention équilibrée avec la France avant la cotation. Le déclencheur de cette opération a été la décision de Wegmann & Co, qui regroupe les familles actionnaires historiques, de céder ses parts.

Un acteur clé de la défense européenne

KNDS, né en 2015 de la fusion entre l’allemand KMW et le français Nexter, est le premier constructeur de chars du continent. Le groupe fabrique notamment le Leopard 2 allemand et le Leclerc français, et travaille au développement du futur système de combat terrestre de nouvelle génération (MGCS). Cette introduction en Bourse conjointe sur les deux principales places financières européennes marque une étape importante pour le secteur de la défense, dans un contexte de tensions géopolitiques et de hausse des budgets militaires.