Le candidat à l'élection présidentielle de 2027 Édouard Philippe a lancé ce jeudi une initiative inédite en s’invitant simultanément dans plus de 1 000 foyers par visioconférence. L’ancien Premier ministre, qui préside le parti Horizons, a ainsi pu échanger à distance avec près de 10 000 personnes, une opération conçue pour toucher un large public au-delà de ses seuls soutiens traditionnels.

Dès 20 heures, depuis son domicile, le maire du Havre a décliné sa parole en direct auprès d’un millier d’« appartements » connectés, transformant son salon en une plateforme de dialogue citoyen. « Cette initiative permet de toucher plus d’électeurs potentiels et de s’adresser à des gens qui ne sont pas encore décidés de leur vote », a rapporté un membre de son entourage.

Une campagne qui s’accélère

Bien qu’il ait déclaré sa candidature dès septembre 2024 – avant tous ses concurrents du bloc central –, Édouard Philippe intensifie son rythme de campagne à l’approche de l’été. Le 5 juillet prochain, il doit tenir un meeting à l’Adidas Arena, à Paris. Cette échéance est présentée comme un moment clé de sa dynamique électorale.

L’organisation de cette visioconférence de masse intervient dans un contexte de multiplication des candidatures au sein de la majorité présidentielle. Gabriel Attal, président de Renaissance, et Bruno Retailleau, sénateur Les Républicains, ont également lancé leur campagne ces dernières semaines. Plusieurs figures politiques ont mis en garde contre le risque qu’une telle dispersion des voix profite aux extrêmes, conduisant à un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national.

Édouard Philippe en tête des intentions de vote au centre et à droite

Malgré cette fragmentation, Édouard Philippe conserve une avance dans les enquêtes d’opinion parmi les candidats du centre et de la droite. Un sondage Ifop publié mercredi indique qu’environ 45 % des Français souhaiteraient le voir opposé au second tour au président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Ce duel serait le plus plébiscité, devant celui qui l’opposerait à Marine Le Pen (39 %) ou celui entre Gabriel Attal et Jordan Bardella (39 %).

L’ancien chef du gouvernement a par ailleurs réaffirmé son refus de participer à une primaire, excluant toute procédure de départage interne au sein de la majorité. Cette position renforce les tensions avec les autres prétendants, alors que les appels à l’unité se multiplient sans aboutir à un accord.

Une opération de proximité à grande échelle

L’initiative des « 1 000 appartements » s’inscrit dans une stratégie de capillarité numérique, permettant au candidat de s’adresser à un électorat large sans passer par des meetings physiques dont l’organisation est coûteuse et longue. Elle vise aussi à convaincre les indécis, catégorie déterminante dans une élection où les reports de voix seront cruciaux.

Si l’opération a été saluée par ses partisans comme une marque de modernité et d’écoute, elle n’a pas modifié le paysage des candidatures : Édouard Philippe mène sa campagne en solo, tandis que Gabriel Attal et Bruno Retailleau poursuivent leurs propres agendas. La question d’une possible recomposition du camp présidentiel reste ouverte, à moins de huit mois du premier tour.