L’Allemagne s’apprête à abandonner le programme de la frégate F126, qui devait être le plus gros bâtiment de guerre construit par le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon des informations concordantes, le gouvernement fédéral a décidé de se retirer de ce projet ambitieux mais chroniquement en difficulté. En remplacement, Berlin envisage de commander huit navires de type Meko-200 auprès du chantier naval TKMS.

Le projet F126, porté par le constructeur Damen, accusait des retards répétés et des surcoûts importants depuis le lancement de son développement. La frégate, d’un tonnage et d’une capacité d’emport exceptionnels pour la marine allemande, devait incarner le renouveau capacitaire de la Bundesmarine dans un contexte géostratégique tendu. Mais les difficultés industrielles et budgétaires ont eu raison de ce programme.

La solution de repli retenue, les Meko-200, est un modèle éprouvé, fabriqué par TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems). Ces navires, plus petits que la F126, sont déjà en service dans plusieurs marines étrangères. L’Allemagne passerait commande de huit unités, ce qui lui permettrait de maintenir ses capacités de défense navale sans attendre la résolution des problèmes du projet abandonné.

Cette décision marque un tournant dans la politique d’équipement militaire allemande, qui avait fait du renforcement de la marine une priorité face aux ambitions navales de puissances étrangères. Les implications industrielles sont notables : le choix de TKMS renforce un chantier naval allemand, tandis que Damen, l’architecte initial du F126, perd un contrat majeur.

Les autorités allemandes n’ont pas encore officiellement confirmé ce changement de cap, mais plusieurs sources proches du dossier indiquent que l’annonce pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Les marchés et les spécialistes de la défense suivent de près cette évolution, qui redessine la carte des programmes navals européens.