Le sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, a dévoilé une proposition législative qui prévoit l'instauration d'une taxe de 50 % sur les actions des principales entreprises du secteur de l'intelligence artificielle. L'objectif affiché est de constituer un fonds souverain, dont les revenus seraient reversés aux citoyens américains, afin que les bénéfices de l'essor de l'IA profitent à tous, et non à une poignée de milliardaires.

Une mesure pour contrer la concentration des richesses

Dans son intervention, Sanders a estimé que l'avenir de l'humanité ne devrait pas être déterminé par une petite élite financière. Il a souligné que l'intelligence artificielle représente une transformation économique majeure, comparable à la révolution industrielle, et qu'il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de redistribution dès le départ. La taxe de 50 % sur les actions des grandes firmes d'IA vise à capter une partie des profits exceptionnels anticipés dans ce secteur en pleine expansion.

Mécanisme du fonds souverain

Le produit de cette taxation serait versé dans un fonds souverain, géré de manière indépendante, qui investirait dans des actifs diversifiés. Les intérêts et les dividendes générés seraient ensuite distribués sous forme de chèques annuels à chaque citoyen américain, sur le modèle de ce qui existe déjà en Alaska avec le fonds pétrolier. Sanders a précisé que ce dispositif permettrait de garantir un revenu de base à tous les Américains, sans distinction de richesse ou de situation professionnelle.

Un projet qui divise

La proposition a suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique américaine. Du côté des démocrates progressistes, l'initiative est saluée comme une avancée sociale majeure. En revanche, les milieux d'affaires et les républicains y voient une entrave à l'innovation et un frein à l'investissement dans le secteur de l'IA, qu'ils considèrent comme stratégique pour la compétitivité des États-Unis face à la Chine. Certains experts économiques soulignent également les difficultés techniques de mise en œuvre, notamment pour définir précisément quelles entreprises seraient concernées par cette taxe.

Un contexte de craintes sur l'emploi

Cette annonce intervient dans un climat de préoccupations croissantes concernant l'impact de l'IA sur l'emploi et les inégalités. De nombreux rapports récents alertent sur le risque de suppression massive de postes dans des secteurs entiers, tandis que les géants de la technologie accumulent des valorisations record. Sanders inscrit sa proposition dans une volonté de préparer le pays à ces bouleversements, en dotant l'État d'un outil de redistribution capable de compenser les pertes d'emplois et de financer la formation professionnelle.

Des précédents historiques

Le sénateur a fait référence au modèle alaskien du Permanent Fund, créé en 1976, qui reverse chaque année une partie des revenus pétroliers à chaque résident de l'État. Il a également évoqué le fonds souverain norvégien, alimenté par les taxes sur le pétrole, comme exemple de gestion intergénérationnelle des richesses. Selon lui, l'IA constitue une ressource collective, et il est légitime que la collectivité en perçoive les bénéfices.

Prochaines étapes

Le projet de loi a été déposé au Sénat et devrait être examiné par la commission des Finances. Sa traduction concrète en politique publique reste toutefois incertaine, compte tenu de la majorité républicaine à la Chambre des représentants et de l'opposition farouche des lobbies technologiques. Sanders a appelé les citoyens à se mobiliser pour faire pression sur leurs élus, estimant que le débat sur la répartition des fruits de l'IA est l'un des plus importants de notre époque.