Invité des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a livré son analyse des conséquences du blocage du détroit d'Ormuz sur l'approvisionnement pétrolier. Alors que le passage stratégique a été rouvert après une période de tension, le dirigeant a prévenu que le retour à la normale prendrait du temps.
Selon Patrick Pouyanné, il faudra compter trois à quatre mois pour que le marché pétrolier se rerégule complètement. Il a souligné que la principale difficulté réside moins dans la réouverture du détroit que dans la réticence des armateurs à reprendre leurs rotations. « Le plus dur est de convaincre les armateurs », a-t-il déclaré, évoquant les risques de sécurité encore perçus dans la zone.
Une stratégie de diversification
Face à cette situation, le patron de TotalEnergies a indiqué que le groupe privilégie désormais une diversification de ses sources d'approvisionnement en pétrole, plutôt qu'un retour massif vers les flux transitant par le détroit d'Ormuz. Cette orientation s'inscrit dans une volonté de réduire la dépendance à ce point de passage sensible, où transite une part importante du brut mondial.
La réouverture du détroit, intervenue après des négociations diplomatiques, n'a pas suffi à rassurer immédiatement les compagnies maritimes. Pouyanné a estimé que le temps nécessaire à la reprise complète des trafics dépendra en grande partie de la confiance des transporteurs et de la stabilité perçue dans la région.
Impact sur les prix et l'offre
Si le blocage du détroit a provoqué une volatilité sur les marchés, le dirigeant a jugé que la période de perturbation restait limitée. Il a toutefois prévenu que les effets sur les prix et les chaînes d'approvisionnement pourraient se faire sentir durant plusieurs mois, le temps que les flux se réorganisent et que les acteurs du secteur ajustent leurs contrats.
TotalEnergies, qui dispose d'actifs dans plusieurs bassins pétroliers, entend s'appuyer sur cette diversité pour limiter l'exposition aux risques géopolitiques. Pouyanné a insisté sur l'importance de ne pas dépendre d'un seul corridor d'approvisionnement, une leçon renforcée par l'épisode récent dans le golfe Persique.
Un contexte géopolitique tendu
Le détroit d'Ormuz, passage clé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, avait été partiellement bloqué en raison de tensions régionales. Sa réouverture a été saluée par les acteurs économiques, mais la prudence reste de mise. Le discours de Patrick Pouyanné reflète une inquiétude persistante chez les grands groupes énergétiques, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements face à l'instabilité.
En conclusion, le PDG de TotalEnergies a appelé à une vigilance continue et à une adaptation des stratégies d'approvisionnement, estimant que le marché mettra plusieurs mois à absorber les chocs subis.