Moins d’une semaine après la destruction spectaculaire de sa fusée New Glenn lors d’essais, Blue Origin entend renouer avec les lancements avant la fin de l’année. Dave Limp, le PDG de l’entreprise, a affirmé que l’état des infrastructures au complexe de Cape Canaveral, en Floride, était meilleur que redouté.

Des équipements épargnés

Selon le dirigeant, une grande partie des installations du pas de tir a été préservée. Un booster ayant déjà volé, ainsi que trois étages supérieurs du lanceur, seraient également en bon état. « Nous volerons à nouveau avant la fin de cette année », a-t-il déclaré, fixant un calendrier ambitieux après ce que beaucoup considèrent comme le plus grave revers de l’histoire de l’entreprise.

Une enquête toujours ouverte

Blue Origin n’a pas encore communiqué sur l’origine de l’explosion qui a eu lieu fin mai. L’absence de cause officielle complique l’évaluation des risques pour les prochains vols. Dans le secteur spatial, plusieurs observateurs tablaient sur un retour au plus tôt en 2027, notamment en raison des dommages apparents sur le seul pas de tir actuellement capable d’accueillir New Glenn.

Un contexte stratégique tendu

L’entreprise de Jeff Bezos se trouve dans une position délicate. SpaceX avait réussi à reprendre ses lancements en quelques mois après l’explosion d’une Falcon 9 sur son pas de tir en 2016, mais elle disposait alors d’une seconde plateforme presque achevée. Blue Origin est en train de construire un deuxième site à Cape Canaveral, mais ce projet n’en est qu’à ses débuts.

Les missions lunaires en jeu

New Glenn est un élément clé du programme Artemis de la NASA, qui vise à retourner sur la Lune. L’agence spatiale américaine compte sur ce lanceur lourd pour acheminer du matériel et des équipages. En janvier dernier, Blue Origin avait suspendu ses vols touristiques avec la fusée New Shepard afin de concentrer ses ressources sur ce contrat. L’explosion de New Glenn complique donc la feuille de route déjà serrée du retour sur le sol lunaire.

Un pari technique et industriel

Le défi pour Blue Origin est double : identifier et corriger la défaillance technique tout en reconstruisant la confiance de ses clients et partenaires. La promesse d’un nouveau tir avant 2027 impose une cadence accélérée que l’entreprise n’a encore jamais démontrée. Le groupe dirigé par Dave Limp devra en outre gérer les conséquences potentielles sur son image et ses budgets, alors que la compétition avec SpaceX s’intensifie sur tous les segments du marché spatial.