BMW a officialisé mardi son intention de démarrer l'assemblage de véhicules électriques aux États-Unis avant la fin de l'année, une décision qui contraste avec le ralentissement général observé chez plusieurs grands constructeurs. Le premier modèle concerné sera le iX5, un sport utilitaire (SUV) de taille moyenne qui sortira des chaînes de l'usine de Spartanburg, en Caroline du Sud. À l'horizon 2030, le groupe bavarois ambitionne de produire six modèles électriques sur ce site, l'un de ses plus grands et des plus importants hors d'Allemagne.
Un contexte américain défavorable à l'électrique Ce choix intervient alors que la demande intérieure américaine pour les véhicules branchés a fléchi après la suppression des subventions fédérales à l'achat par le Congrès. Plusieurs concurrents ont enregistré des pertes colossales et revu leurs plans à la baisse. Honda a ainsi abandonné en mars ses projets de construction de trois modèles électriques aux États-Unis, une décision qui s'est traduite par 9 milliards de dollars de charges de restructuration et de dépréciations. Ford a de son côté cessé la production de son pick-up F-150 Lightning, fermé une usine de batteries dans le Kentucky et passé une charge de 19,5 milliards de dollars sur ses résultats. General Motors et Stellantis (maison mère de Jeep et Ram) ont également modifié leurs programmes et passé des pertes sur leurs activités électriques.
Une stratégie appuyée sur les exportations Le pari de BMW repose en partie sur sa capacité à exporter. L'usine de Spartanburg, qui a produit plus de 400 000 véhicules l'an dernier, expédie environ la moitié de sa production vers l'étranger. Cette voie permet au groupe de tirer parti de la forte demande européenne : les véhicules électriques représentent 20 % des immatriculations de voitures neuves en Europe, contre seulement 6 % aux États-Unis. Contrairement à BMW, Ford, General Motors et Honda ne disposent pas d'une présence suffisamment importante sur le marché européen pour bénéficier d'un tel effet de levier. Ford détient moins de 3 % du marché automobile européen, Honda moins de 1 %, et General Motors n'y écoule qu'un petit nombre de Cadillac électriques.
Une offre flexible pour s'adapter à la demande Le constructeur allemand se ménage toutefois des soupapes de sécurité. Le iX5 sera également décliné en versions essence, diesel et hybride rechargeable, et une variante à hydrogène est à l'étude. BMW assemblera l'ensemble de ces motorisations sur une même ligne de production, ce qui lui permettra d'ajuster les volumes fabriqués en fonction des fluctuations du marché. Le constructeur a dévoilé la dernière génération du X5 – son modèle le plus vendu aux États-Unis – lors d'un événement organisé à Spartanburg.
Un investissement de 1,7 milliard de dollars Cet événement a également marqué l'aboutissement d'un plan d'investissement de 1,7 milliard de dollars destiné à agrandir l'usine et à construire une unité de fabrication de batteries dans la localité voisine de Woodruff, toujours en Caroline du Sud. Milan Nedeljković, le président-directeur général de BMW, a déclaré dans un communiqué que cet investissement était une expression de « notre confiance dans les États-Unis et renforce le rôle de la Caroline du Sud au centre des opérations mondiales du groupe BMW ».
Prochaines étapes commerciales Dès cet automne, BMW commencera à commercialiser aux États-Unis un SUV électrique plus compact, le iX3. Ce modèle inaugure une série de véhicules électriques révisés que le groupe prévoit de lancer dans les deux prochaines années.