La République islamique d'Iran s'apprête à organiser des funérailles d'une ampleur exceptionnelle pour le guide suprême défunt, l'ayatollah Ali Khamenei, quatre mois après sa mort. Les autorités mobilisent l'ensemble des institutions pour faire de cet hommage un événement massif, susceptible de redonner une légitimité au régime.
Un cortège funèbre à travers les hauts lieux du chiisme
Selon les responsables iraniens, des dizaines de millions de personnes sont attendues dans plusieurs villes saintes du pays. Les cérémonies se dérouleront à Téhéran, Qom et Machhad, trois centres majeurs du chiisme. La dépouille de l'ayatollah Khamenei sera également transportée en Irak, pays voisin à majorité chiite, où des hommages populaires sont prévus. La logistique mise en œuvre est considérable : forces de sécurité, clergé, médias et organisations paramilitaires sont réquisitionnés.
Un enjeu politique pour le régime
Ces funérailles interviennent dans un contexte de fragilité pour le pouvoir iranien. La mort du guide suprême, survenue lors d'une frappe israélo-américaine, a constitué un choc. En transformant les obsèques en un rassemblement de masse, les dirigeants iraniens entendent démontrer leur capacité de mobilisation et affirmer la pérennité du régime. L'événement est présenté comme un moment refondateur, susceptible de consolider l'unité nationale et de réaffirmer l'influence de la République islamique.
Préparatifs inédits et défis logistiques
Les préparatifs, qualifiés d'inédits par les autorités, ont débuté plusieurs semaines à l'avance. Des infrastructures d'accueil temporaires sont mises en place, et des mesures de sécurité renforcées sont déployées le long du parcours. Les médias d'État diffusent en continu des appels à la participation et des images des préparatifs, dans le but de mobiliser le plus grand nombre. Le défi logistique est immense, mais le régime mise sur l'afflux de millions de fidèles pour transformer le deuil en démonstration de force. L'issue de cette mise en scène pourrait avoir des répercussions sur la stabilité politique intérieure de l'Iran.